DES PLACES FORTES.
saux, ä trente-cinq mille hommes; lesAuvergnats avec ceux du Quercy, duGevaudan et du Velai qui en depen-dent, ä un pareil nombre; ceux deSens, de la Franche-Comte , du Berri,de la Saintonge, du Rouergue et dupays Chartrain, ä douze mille hom-mes ; ceux du Beauvoisis, ä dix millehommes; les Limousins, au mömenombre ; ceux du Poitou, de la Tou-raine, de Paris et du Soissonnais, ähuit mille hommes chacun; ceux dei’Amienois, de la Lorraine , du Peri-gord, de Hainaut, de Boulogne et del’Agenois, chacun ä cinq mille; lesManceanx, au mßme nombre; lesArtdsiens, ä quatre mille hommes;ceux de Rouen, de Lisieux et d’E-vreux, ä trois mille chacun; ceux deBAle et du Bourbonnais, ä trente mille;toutes les nations situees le Iong de l’O-cöan, que les Gaulois appellent Armo-riques, et du nombre desquelles sontceux de Quimpercorentin, de Rennes ,d’Avranches, de Bayeux , de Saint-Paul-de-Leon , de Treguier et de Saint-Brieu, de Vannes et du Cotentin , cha-cune ä six mille hommes. Les peuplesdu Beauvoisis furent les seuls qui necontribuerent point, parce que, di-rent-ils, ils vouloient en leur propre etprive nom faire la guerre aux RomainsSans tenir ä personne. Cependant, a lapriere de Comius, leur allie, ils en-voycrent deux mille hommes.
» C’est ce möme Comius qui, commeon l’a dit, avoit servi Cesar si utile—ment et avec tant de fidelite dans laguerre contre les Anglais ; aussi, en saconsideration, ce general avoit exemptesa nation de tout tribut, l’avoit retabliedans tous ses droits, et lui avoit memeannexe le comtö de Bourgogne . Maisteile etoit l’opinion de toute la Gaule pour recouvrer sa libertd et la reputa-tion qu’elle avoit eue dans les armes,
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quecette nation, sans fitre touch^e desbienfaits et de la bienveillance dontCesar l’avoit honoree, entra de toutson coeur dans celte guerre, et y con-tribua de tout son pouvoir. Les Gau-lois assemblerent huit mille chevaux etenviron deux cenl quarante mille hom-mes de pied. On en fit la revue sur lesfrontiöres du pays d’Autun ; on leurdonna des officiers, et on nomma pourles commander en chef Comius, Sei-gneur d’Arras, Yirdumare et Epore-dorix, tous deux Autunois, et Verga-sillaunus, Auvergnat, parent de Ver-cingetorix. On y ajouta un conseil desdeputes de chaque nation. Tous par-tirent pleins d’ardeur et de confiance,et marcherent au secours d’Alise; il n’yen avoit aucun qui ne füt persuade qu’ilne seroitpas possible de soutenir la vued’une si prodigieuse multitude, surtoutparce que nous aurions en mßme tempsä repousser les sorties des assieges, etä soutenir au dehors tant de troupesde cavalerie et d’infanterie.
» Cependant les assieges qui avoientconsume tous leurs'vivres, et qui re-connaissoient que l’epoque ä laquelleils attendoient du secours etoit ex piree,ignorantce quise passoitchez les Aulu-nois, assemblörent leur conseil, et de-libererent sur le parti qu’ils devoientprendre. Les avis furent fort partages;une partie alloit ä se rendre, une autreä faire une vigoureuse sortie pendantque la faim ne les avoit pas encore tropaffoiblis. Je ne dois pas, ce me semble,oublier ici le discours do|]ritognat, acause de sa singuliöre,/ et execrablecruaut6. Ce seigneur, d’une hautenaissance et d’un grand crMit en Au-vergne , parla ainsi: « Je ne dirai rien» du sentiment de ceux qui donnent» ä un esclavage honteux le nom de» reddition; on ne doit, selon moi,v» ni les regarder comme citoyens,