Band 
Tome cinqième.
Seite
611
JPEG-Download
 

DES PLACE» FORTE».

volles de canon, qui leur firent beau-coup de mal.

Ainsi fut leve le siöge de Möziöres,siege eternellement memorable, puis-qu’il sauva la France , oü il n’y avaitpoint alors d’armöe en ötat d’arröterquarante mille hommes. II mit le com-ble ä la gloire de Bayard. Tous les bonscitoyens s’empressörent de celebrerla valeur de ce heros toujours victo-rieux.

Stege de Rhodes par 1-es Ottomans , en 1521.

En 1308, Foulques de Villaret ,grand-maitre des Chevaliers de Saint-Jean de Jerusalem, forma le projet deconquörir cette Ile , pour en faire lechef-lieu de son ordre. Seconde, dansce grand dessein, par tous les souve-rains de I’Europe chrötienne, il entradans l’ile, baltit plusieurs fois les Sar-rasins et les Grecs, et se rendit maitrede Rhodes , aprfes quatre ans de fati-gues. Cette ville devint florissante sousla domination des Chevaliers , qui öpui-sfcrent toutes les ressources de l’artpour la rendre imprenable. Ces prö-cautions etaient necessaires. Les Grecs,les Sarrasins, les Turcs essayerent plu-sieurs fois d’y entrer. Mahomet IIvoulut l’assieger; ses göneraux furentbattus; et lui-möme mourut, en mar-chant pour cette expödition. La gloirede prendre Rhodes etait röservöe äSoliman II , dont les troupes s’appro-chörent de File en 1531.

Villiers, de l’Isle-Adam, regnaitalors sur les Chevaliers de Saint-Jean :grand homme de guerre , intrepide,courageux, habile, fecond en ressour-ces. Il avait tout au plus six mille guer-riers ä opposer ä une armee de presde deux cent mille hommes; mais cesguerriers etaient, comme leur chef,rcmplis de la plus hdroique valeur, et

«11

pröföraient la mort ä l'esclavage. Rho-des fut investie. On ouvrit la tränendehors de la portöe du canon; et, quandon fut plus prös de la ville, les infidelesdressörent une batterie qui fut bientötdemontee par l’artillerie de la place.Les sorties frequentes des Chevalierscomblörent leurs travaux. En peu detemps le döcouragement devint si g6-neral parmi les Turcs, qu’il fallut quele sultan vint lui-möme se montrer äses troupes, pour animer leurs opera-tions par sa presence. Alors toutchan-gea de face. Les oflieiers et les soldatsottomans , poureffacer jusqu’aux moin-dres traces de leurs murmures, s’em-pressörent de se signaler sous l’ceil dumaitre; et cette multitude de bras,jusqu’alors peu terrible, devint enfinredoutable. Les soldats et les pion-niers pousserent la tranchde sans rei-che ; on y travaillait le jour comme lanuit, et ils etaient releves tour ä tourpar differens corps qui se succedaientles uns aux autres. Le grand-maitre,les voyant soulenus par de gros deta-chemens, ne jugea pas ä propos decontinuer les sorties, dans lesquelies ilperdait plus, par la mort d’un seul Che-valier, que Soliman par celle de cin-quante janissaires. Ainsi les infidöles,n’ayant rien ä craindre que le feu dela place, travaillerent avec tant d’aeti-vite , qu’ils conduisirent leurs travauxjusqu’a la contrescarpe; et, pour ren-dre leurs lignes plus solides, ils les re-vötirent par dehors de poutres et demadriers bien lies ensemble. On aug-menta ensuite les batteries qui ne ces-sörent de foudroyer la viile, mais san*succes, parce que leurs boulets effleu-raient ä peine les creneaux des mu-railles. Ils en furent avertispar un Juifqui leur servait d’espion dans Rhodes .Aussitöt ils changerent leurs batteries,qui dös-lors tirörent plus heureuse-