DE LA DEFENSE
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pröpare ä nous ie faire voir; car,d’ici ä quatre jours, je lui enverraitant de coups de canon, qu’ii ne saurade quel cöte se tourner. . . . — A labonne heure, dit Picard ; mais vousne l’aurez pas comme vous croyez. »Aussitöt les generaux de Charles-Quint font dresser leurs batteries; et,en moins de dcux jours, plus de cinqmille boulets tombörent dans la ville.C’est dans cette occasion qu’on em-ploya, pour la premiere fois, les bom-bes et les mortiers, tels qu’ils sont au-jourd’hui. « Ce n’estoient de dehors,» dit Mezerai, que canonnades, que» bombes, que boulets enflammös; de» dedans, il pleuvoit des lances et des» cerclesä feu, de l'huile bouillante,» des fascines goudronnees, des fusees» qui mettoient le feu partout.* » Dösles premieres döeharges, mille hom-mes, epouvantös , prirent la fuite.« Tant mieux! dit Bayard; j’aime» mieux de tels coquins dehors que» dedans: pareille Canaille n’estoit pas» digne d’acquerir de l’honneur avec» nous. » La place ötait vivement atta-auee depuis plus de trois semaines. Lecanon avait renverse une partie desmurailles; et les ennemis se flattaientu’avoir bientöt entre leurs mains leChevalier et ses soldats. Mais Bayard,qui reunissait, dans un degre eminent,les deux qualitös d’un grand capitaine,le courage et la ruse, imagina l’expe-dient le plus singulier pour se debar-rasser de Sickingen qui fincommodaitbeaucoup. II chargea un paysan d’allerporter au seigneur Robert de la Marek,qui etait ä Sedan , une lettre con§ueeti ces termes : a II me semble que,» depuis un an , vous m’aviez dit que» vous vous nroposiez d’attirerle com-» tc de Nassau au Service du roi, notre» maltre, et qu’ii est votre parent. Je« le desirerois autant que vous, snr Tn
» reputation qu’ii a d’ötre gentil-ga-» laut. Si vous croyez que cela puisse» se faire, je vous donne avis d’y tra-» vailler plutöt aujourd’hui que de-» main, parce qu’avant qu’ii soit vingt-» quatre heures, lui et tout son camp» seront mis en pieces. J’ai avis que» douze mille Suisses et huit Centsd hommes d’armes doivent coucher» ce soir ä trois lieues d’ici, qui, de-» main, au point du jour, fondront» sur lui, pendant que, de mon cötö,
»je ferai une vigoureuse sortie; et» sera bien heureux celui qui en» öchappera. J’ai cru devoir vous en» prövenir; ipais il faut me garder»le secret. »
Par l’ordre du Chevalier, le villageoisprend la route du cötö du camp deSickingen. A peinc s’est-il eloigne dela ville, qu’on l’arrßte. On le conduitau göneral; on le questionne; on lemenace. Le bon homme, intimide, de-couvre son secret, pour öviter la mort.Il donne la lettre ä Sickingen; ce ca-pitaine la lit; et, plein d’indignation,il la communique ä son conseil. La fu-reur s’empare de tous les esprits. Ons’ecrie que le comte de Nassau est untraitre; on bat le tambour; on lävel’ötendard; on plie le bagage; on passela riviöre. En vain le comte, instruitde cette resolution prdcipitöe, veut re-tenir son collögue; ses difförentes dö-putations ne servent qu’ä augmenterles soupQons. On decampe de part etd’aulre, et Meziöres est delivröe. Du-rant ce tumulte, le porteur de la lettreetait rentre dans la ville, et avait ap-pris au Chevalier tout ce qui lui etaitarrive. Bayard eclata de rire en voyantl'heureux succes de son stratageme;et, dans l’excäs de sa joie, il dit« Puisqu’ils n’ont pas voulu commen—»> cer le jeu, ce sera donc moi; » et,don« T’in«t»nt, il leur envovn nLicir-rirs