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Tome cinqième.
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DES PLACES FOHTES.

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les Chevaliers , tenaient lieu des mu-railies abattues. On ne pouvait empör-ter ces nouveaux ouvrages que par unassaut; et, pour y monter, il fallaittenter la descente du fosse ou le com-bler. Soliman, qui avait un nombreprodigieux de pionniers dans son ar-mee, en fitdifferens detachemens; lesuns jetaient de la terre et des pierresdans le fosse; mais les Chevaliers , parle moyen des casemates, enlevaient lanuit les döcombres qu’on y avait jet6sle jour. Les autres pionniers etaientemployes ä creuser des mines danscinq endroits differcns, dont chacuneconduisait son approche versle bastionopposd. Quelques-unes furent dventeespar la vigilance du fameux Martinen-guc. auquel on est redevable de l’in-vention de döcouvrir, avec des peauxtendues et des tambours, en quel en-droit se faisait le travail. Les Turcsavaient travaille avec tant d’adresse,que les differens rameaux de ces minesallaient de Tun ä l’autre; et tous, pourfaire plus d’elfet, aboutissaient au mö-me endroit. Deux de ces mines jou&-rent, l’une apres l’autre, sous le bas-tion d’Angleterre. Leur explosion futsi violente, qu’elles renverserent plusde six toises de la muraille, dont lesruines comblerent le fosse. La bra-che se trouva si large et la mon-t6e si facile, que plusieurs batail-lons se presenterent aussilöt ä l’as-saut avec de grands cris et le sabre äla main. Ils gagnerent d’abord le hautdu bastion, y plantererit sept ensei-gnes, et s’en seraient rendus mai-tres, s’ils n’avaient rencontre der-riere une traverse qui les arräta. LesChevaliers, revenus de l’etourdissementqu’avait causö le bruit efifroyable de lamine, accoururent au bastion, et char-g^rerit les Turcs ä coups de mousquets,de grenades et de pierres, Le grand-

maitre, dans le moment que le volcanjoua, etait dans une eglise voisine, ouil implorait, au pied des autels, le se-cours du Dieu des armees. .11 jugeabien, ä l’horrible fracas qu’il entendit,que l’eckt qu’avait fait la mine seraitsuivi d’un assaut. Il se leve , dans lemoment que les prätres, pour com-mencer roffice, entonnaient cette prrä-re preliminaire : Deus in adjutoriummeurn inlende, Seigneur, venez ä monsecours. « J’accepte l’augure, » s’ecriele pieux general; et, se retournantvers quelques Chevaliers qui l’accom-pagnaient : « Allons, mes freres, leur» dit-il, changer le sacrifice de nos» louanges dans celui de vos vies, et» mourons, s’il le faut, pour la defense» de notre sainte loi. » Il dit; et, lapique ä la main, il s’avance d’un airterrible. Il monte sur le bastion, jointles Turcs, öcarte, renverse,tue tout ceqni ose lui resister. Il arrache les en-seignes ennemies, et regagne impe-tueusement le bastion. Le general deSoliman, Mustapha, rallie les fuvards,et les reconduit ä l’ennemi, ä coupsde sabre. Il y marche lui-möme avecaudace. Le combat se renouvelle. Lamelee devient sanglante. Le fer et lefeu sout dgalement employes de partet d’autre; on se tue, de loin et depr£s, ä coups de mousquet ou d epee:on en vient jusqu’ä se prendre corps acorps, et le plus fort ou le plus adroittue son ennemi ä coups de poignard.Les Turcs, en butte aux arquebusades,aux pierres, aux grenades, aux pots äfeu, abandonnent enfin la bräche, ettournent le dos. Leur chef täehe, parses menaces et par ses promesses, deranimer leur valeur. On ne l’entendpoint. Tout fuit, tout se disperse; etMustapha se retire avec eux, apräspoir perdu plus de trois mille hommes.

G’est avec cet acharnement furieux