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qii'oii se disputa la victoire jusqu’au2 V septembre, oü Soliman fit donnerl’ordre pour un assaut general. Des lepoint du jour les mahomdtans, divisesen quatre corps ou quatre armees, s’a-vancent de quatre cötds et montentfierement sur la breche, malgrd lesfoudresqui partent de la place, malgreun’ deluge de balles, de flöches, detraits et de pierres : rien ne les arröte.Les Chevaliers accourent en foule; ilsrepoussent les assaillans, ils les preci-pitent, ils renversent les dchelles. Lesinfidöles reviennent ä la Charge avecplus d’impetuosite; mais tous leursefforts sont inutiles: les Chevaliers sontinvincibles. Les prdtres, les religieux,les vieillards, et jusqu’aux enfans, tousveulent avoir leur part du pdril, et re-poussent enfin 1’ennemi. Des femmesne le cederent pas en intrepiditd auxpionniers, ni en courage aux soldats.Plusieursperdirent la vieen defendantleurs maris et leurs enfans.
Le mauvais sucees de tous ses assautsrendit Soliman furieux : il fit perirMustapha ä coups de llbches, et plu-sieurs autres capitaines auraient subile möme sort, si on ne lui eüt pas per-suade qu’il pouvait encore reussir dansson entreprise. On ne cessa de com-battre et de former des attaques jus-qu’au milieu de l’hiver. Enfin les infi-deles triomphörent. Rhodes , presqueentierement dötruite, n’avait plus dequoi les arreter: la plupart des Che-valiers avaient trouve la mort en de-fendant les fortifications. II fallut capi-tuler et abandonner cette de fameusequi avait etö, pendant pres de troissiecles, la patrie d’une societe de hö-ros. Soliman n’abusa point de sa vic-toire; il traita genereusement le grand-maitre. qu’il consola, qu’il visita mb-me , et qu’il plaignit comme le meri-taii co personnage immortel.
Sirgi; <i« Marseille par l’armie de Charlcs-Qulnt,en 1521
Le conndtable de Bourbon, voulantmeriter par ses Services la faveur deCharles-Quint , ä qui ce prince perfides’etait vendu, entreprit le sidge deMarseille en 1521. Il assuraitque troiscoups de canon etonneraient si fortces bons bourgeois, qu’ils viendraientla corde au cou lui presenter les clefsde leur ville. Mais ces braves citoyensresolurent de se ddfendre jusqu’ä laderniere extremite : les femmes mdmeles plus qualifiees partagerent avec leshommes les travaux les plus penibles;l’ardeurde ces heroines futsi graride,que les contre-mines, faites du cdte del’attaque, furent appelees laTranchde-des-Pames, pour en perpdtuer le Sou-venir.
Un boulet de canon, parti de laville, tua deux gentilshommes et unprdtre qui celebrait la messe. Le eon-netable de Bourbon accourut au bruitque causait cet accident, et demandace que c’dtait. Le marquis de Pescaire,rival de son erddit dans l’armde, lui re-pondit: «Monsieur, ce sont les consuls» de Marseille qui nous en apportent»les clefs. » Bourbon meritait cetteraillerie sanglante. Depuis quarantejours il s’epuisait devant une placedont la conqudte, selon lui, ne deman-dait que sa seule prdsence. Furieux, ilordonna de redoubler le feu de sonartillerie, et bientöt il vint ä bout defaire une brdche assez considerablepour donner l’assaut. Les ingdnieursenvoyes pour la visiter, rapporterentqu’il y avait un fosse profond remplide feu d’artifice et defendu par ungrand nombre de soldats. L’dternelennemi du connetable, Pescaire, vienten faire le ddtail au conseil de guerre.