DK LA D&t'KNk*
m
rie# qui doit empöcher l’assiegeant derouronner le chemin couvert, sansqu’il en coüte rien, pour ainsi dire, äI’assiegd; il est aise de voir combienees manceuvres alternatives sont facili-tdes par la non-existence du mur decontrescarpe, lorsquc cela se reneontreainsi; et il faut se rappeier, ä ce sujet,ce que nous avons ddjä citd de M. lemardehal de Saxe sur le sidge de Can-die, oü un ouvrage, non revdtu ä lagorge, fut pris et repristrente six fois,et coüla vingt-cinq mille hommes auxassidgeans. Il ne reste donc ä ceux-cique la ressource de la guerre souter-raine: or c’est avoir ddjä fait beaucoupque de l’avoir rdduite ä un moyen silent, et oü l’assidgd lutte contre luid’dgal ä dgal sur un terrain prepardpar lui-mdme, et dont lui seul a le se-cret. Mais il est ä remarquer de plus,que cette ressource ne conduit l’assid-geanlä rien. Il ne fait que remuer laterre par l’explosion de ses mines, ilne peut l’emporter; eile reste lä pourdtre le thdätre de nouveaux coups demain semblables aux premiers. Lescontre-mines de l’assidgd, au con-traire, ddtruisent leslogemens de sonennemi, et l’empdchent de gagnerun pouce de terrain. Obligd de gar-der la tranchde pour se garanlir des»ttaques imprdvues sans cesse renou-veldes , il reste en butte ä tous lesfeux de la place, et son armde seronsume jusqu’au bout, tant qu’il ya des mineurs et de l’artillerie dans lagarnison.
Pour empdcher cet effet de l’artille-rie de la place, M. de Yauban prescritavec raison, comme nous l’avons ddjädit, de l’eteindre entidrement; il leprescrit ä chaque instant, comme lachose la plus essentielle, parce qu’ilsent bien que le succds de sa methodeen dopend absolument; mais aussi,
pour empÄcher ce succfes, il u’y a qu’&savoir conserver ces feux qu’il veuteteindre, et c’est ce que l’assiügü peutet doit toujours faire. Pour cela, il nefaut pas qu’il les abandonne düs le pre-mier instant au ravage des batteries äricochet. Il faut qu’il sache qu’un seulcoup de canon, münagü pour la dü-fense rapprochüe, est plus utile quecinquante, tirüs sur la queue des tran-chües; qu’une ou deux piüces d’urtil-lerie adroitement dürobües ä la vue del’ennemi, cachees seulemerit derriürcun orillon, et mises ä l’abri de labombe sous un blindage, est uneehosesi prücieuse, qu’il est comme impos-sible aux colonnes ennemies qu’ellesprennent en flanc, de monter ä l’as-saut; que s’il attend le moment favo-rable pour ouvrir de nouvelles embra-sures, derriere lesquelles sont des pie-ces de canon couvertes contre les feuxverlicaux, jusqu’au moment du be-soin, l’ennemi verra sans cesse les feuxde la place se rallumer, lorsque lescroyant bien üteints, il aura pensüpouvoir venir poser son Iogement surla cr&te du chemin couvert.
Avec ces attenlions, l’assiögü con-servera certainement son feu jusqu’äla fin, et il viendra müme une epoqueoü il pourra ütre mis dans sa plusgrande activitü, tandis que celui del’assiügeant sera forcü de se taire. Cetteüpoque est celle oü la ligne de demar-cationentre les deux armües commen-cera a s’effacer; car, dans cette mölee,les batteries de l’assiügeant lui detrui-raient plus de monde qu’ä l’assiügö, etcelui-ci, au contraire, aprüs avoir at-tird son ennemi au plus prüs, n’a qu’äse relirer brusquement, pour le lais-ser seul exposd au feu le plus meur-trier.
Je ne pense donc pas que jamaisI’assidgeant puisse s’dtablir solidement