DES PLACfcS FOUTES.
»ur unecontresearpe bien faite,en prb-sence d’une bonne garnison, et cepen-dant ce n’est proprement lä que lerommencement des hostililös. II fautensuilc, qu’il fasse !a descente de fossepar une galerie, et qu’il arrive par unlong defile au fond de ce fosse. Com-ment concevoir qu’il puisse y debou-cher, si l’assiege, au lieu de n’opposerque de perpbtuelles retirades, prend leparti d’attaquer lui-mbme ä chaqueminute? 11 a tant de debouches pourarriver, en un instant, ä ce passagebtrangle, il lui est si fat ile de disperserles matbriaux de l’bpaulement, de bru-ler en masse des fagots passes un ä un,de renverser les fröles travaux d’unpont mal aflermi, qucsi, en rase Cam-pagne, une poignee de soldals pouvaitse saisird’une pareille position, eile s’yregarderait avec raison comme inatta—quable.
Joignons ä ce coup de main les bat-teries biaisöcs de la courtine et de latenaille, qui ont vue sur ce debouche,et qu’il est trös difficiie de detruire, lesbatteries sur chaloupes dans les fossespleins d’eau, les feux de caponnibres,les coups derobes que l’on dirige duhaut de la brbche mbme, lorsqu’elle estfaite, les fourneaux qui peuvent ren-verser viugt fois la descente de fosse, etenfin les abattis avec lesquels, en s’yprenant de bonne heure, on masquece debouchb par des obstacles contrelesquels le canon ne peut rien, et labombe trbs peu de chose, et l’on serasans doute surpris que ce pas hasar-deux soit franchi parl’assibgeant, quel-ques elForts qu’il fasse.
J’ignore comment l’ennemi parvien-dra ä la breche, si le chemin couvertet le passage du fosse sont bien de-fendus. Mais en supposant qu’enfinle terme est venu de la defendre,voyons ce qu’il faut faire pour que l’as-
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siegeant ne puisse outrepasser 1’6-tranglement qu’elle forme.
Je suppose que d’abord !e gouver-neur a eu soin de faire faire un bon re-tranchement; autrement, la brächeune fois forcee, la place n’aurait aucunmoyen de se garantir. Avec un retran-chement,au contraire, l'enceinte dela place peut 6tre prise et reprise nom-bre de fois, et c’est precisement celteSerie d’actions de vigueur qui doit fairesuccomber enfin l’nssiegeant, si la dö-fense est habilement conduite.
Voyons d’abord comment M. deVauban veut qu’on attaque les bra-ches ; prenons pour exemple celle dela demi-lune.
«II faut, dit-il, se prbparer au lo-» gement par l’amasdes materiaux n6-» cessaires, comme fascines, gabions,» sacs ä terre et quantite d’outils» dont ii faut avoir Provision, le plus» prös qu’il sera possible, sans embar-» rasser la tranchee, et les ranger sur» le revers par tas. On aura soin de» bien accommoder les logemens qui» doivent faire feu, preparer toutes» les batteries de canon, de bombes».et de pierriers, de commander cinq» ou six compagnies de grenadiers» d’extraordinaire, ä teile fin que de» raison, et avertireeux qui comman-» dent les batteries de ce qu'ils de-» vront exbcuter, suivant les signaux» qu’on leur transmettra, et pourcet» effet, les faire venir sur les lieux pour» les voir de plus pres et recevoir leurs» instructions.
» Le Signal pourra se faire par un» drapeau qu’on blevera sur la pointe» des logemens du chemin couvert,» en lieu oü il puisse 6tre vu de tou-» tes les batteries en möme temps et» des logemens, Observant de faire dis-» paraitre les autres; moyennant quoi» tout btant pröt, les fusils passes entrc