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DE LA DEFENSK
» dront armez ä l’espreuve du mous-» quet, des piöces courtes chargdes de» ferraille, et particulierement de ces>' pierriers que nous auons cy-deuant» ditquisechargentäboete: les canons» de röserue seront aussi en estat. On» tiendra prests toute Sorte de feuxj> d’artifice, comme bombes, qu’on peut» faire rouler par dessus des aix qui» auront vn rebord de chaque costö» qui les conduisent bien auant dans Ia» bresche, afin que les nostres ne» soient endommagez; des grenades,» des barils foudroyans, des soliues» roulantes armdes et chargdes de feuxi. d’artifice, des mortiers pour jetter,» plusieurs autres inuentions, des es-» pinars, des bruslons, des sautereaux,» des flasmes, des taupes, et plusieurs» autres que nous descrirons autre» part. On aura aussi des chaudiferes» pleines d’huile bouillante qu’on jet-» tera auec de grosses cuilleres aman-» ch6es d’vne longue perche, quantite» de pierres pour jetter ä la main, et» tout ce qu’on croit pouuoir nuire äx> l’ennemy.
» Quand l’ennemy fait la bresche» auec la mine, parce que c’est vn» prompt effort, et qu’il donne bien-» tost apräs, on n’a pas loisir ny de» resparer la bresche, ny d’y mettre» les obstacles que nous auons dit. II» faudra auoir presparö deux ou trois» retranchemens ä l’endroit oü on doit» faire la mine, afin que, s’il en em-» porte vn, 11 y en reste vn autre, ou» deux tout entiers, ou afin de ne point» perdre de terresans disputer, n’cn fai-t sant qu’vn fort arriere. Du reste, on» presparera toutes les machines, ar-» mes et artifices, ainsi que nous auons» dit, les tenant toutesfois vn peu es-» loignez du lieu oü la mine doit joiier,» ann qu’ils ne soient emportez par» »a fioience.
» Puisque l’ennemy fait vne mine,» on est bien asseurö qu’il ne montera» pas au haut de la muraille qu’elle» n’ait joüe; c’est pourquoy il ne faut» pas tenir des soldats lä-dessus ny au-» tour de ce lieu, au moins de jour,» parce que de loin on peut descouurir» s’il voulait faire quelque surprise; de» nuit, on y tiendra seulement vneb sentinelle: le corps-de-garde sera« vn peu ä l’escart du lieu oü se fait la» mine.
» On est aussi asseurä d’estre atta~» que par les cndroits auxquels on voit» que l’ennemy s’est approche pied ä» pied, de teile fagon qu’auec ses tran-» chees, trauerses et galleries, il s’est» !og£ au pied de la fortification, et» qu’il a rompu ou sap6, ou mine; c’est» l’endroit par oü sansdouteil taschera)> d’entrer, ou pour le moins s’y loger.» 11 y a aussi des indices par lesquels» on peut connoistre quand l’ennemy» veut donner. Quelquefois, auant que» mettre le feu ä la mine, il fait som-» mer ceux de la plnce ä se rendre, et» c’est afin de ne gaster pas la place,» de laquelle il espere bientost estreb maistre, ce qui pourtant ne se doitb faire qu’aux lieux qu’on est asseure» de prendre, parce qu’ä vn lieu fortb de monde, ce seroit les aduertir deb se mettre en deffence; l’ennemyb fera aussy des efforts extraordinairesb tout le jour et toute la nuit precddente,b pour rompre les deffences, ne don-b nant aucun relasene aux ennemis,b ny temps de les reparer: on verrab aussi que plus de soldats, qu’ils n’a-b uoient accoustumd , entrent ce jourb dans les tranchees; si on ne peut pasb les voir, on les jugera par le bruit etb par les piques qu’on verra sortir horsb des tranch6es en plus grande quantitdb que les autres jours: tout le mondeb sera en action; l’armee se presparera