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Tome cinqième.
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DES p;. VCES FOKt

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» et touiie camp se mouura extraordi-» nairement: ceux qui ne combattent» pas, et qui viennent par curiositö,» s’assemblent en troupes surles lieux» hauts, pour voir ce combat: bref on» voit des mouvemens qui donnent as-»■ sez ä connoistre que l’ennemy se>; prespare ä cette action; ies espions)• ne doiuent pas manquer de faire leur» deuoir, d’aduertir ceux de la place» des lieux que l’ennemy veut atta-i) quer, du nombre, de la qualitd des» soldats qui sont destinez ä cet ef-» fect, des armes, machinesetartißces» desquels il se veut seruir, l’ordre qu’ild doit tenir, et loutes les autres parti-» cularitez qu’ils pourront descouurir,» et qu’ils jugeront seruir ä la deffence» desassaillis.

» Ce sont les choses qu’on doit pres-» parer; reste ä dire du nombre des» soldats, de leurs armes, de l’ordre» qu’on doit tenir tant, en la distribu—» bution des soldats, du jeu des artifi-» ces, du temps qu’il faut pour les faire» agir, et toutes les autres circonstan-» ces necessaires d’estre obseru6es» dans vne action si importante.

» Je voudrois distribuer mes soldats» en la fa<;on suiuante, j’en ferois trois» parties,dontl’vneferoit ungrosqueje» tiendroisdanslagrande placed’armes» en estat d’aller aux lieux oü il seroit» necessaire pour la deffence : du reste» j’en ferois quatre parties, les trois» me seruirontpour deffendre les trois» attaques que je suppose que l’enne-» my peut faire, et l’autre quart seroit» dispers^ au reste de la place, par» les lieux qui ne seroient pas atta-» quez; comme, par exemple, si j’auois» trois mille hommes, je mettrois un» gros de mille hommes dans la place» d’armes, cinq cents hommes ä cha-*» cune des trois attaques, et cinq cents* Hommes au reste de la place: les cinq

» cents qui seroN tn ux attaques, Je vou-» drois les partager ainsy: Cent qui se-» roient a la bresche pour tirer et def-» fendre, cent cinquantc seroient plus» arri&re pour soustenir et rafraischir» ceux-ci, les autres cent cinquante se-» roient en bas du bastion en bataille,» ouäcostdsur lesremparts, ä couuert» des parapets, les cent restant se met-» troient aux flancs ou lieux qui pour-» roient flanquer et descouurir la bres-» che; les bourgeois seroient dispersez» en mesme proportion que ceux qui se-» roientdestinezpourdeffendre lespos-» tes attaquez, parce que difficilement» ilsseveulentexposer aux perils qu’ils» voyent deuant eux; ils seruiroient» pour jetter des feux d’artifice, ruer» continuellement des pierres, appor-» ter des munitions et autres rafrais-» chissemens; les autres feroient des» corps-de-garde par les places et rues,» bien que j’estime cela fort peu ne-» cessaire, et se mettronten garde tout» autour du reste de la place, meslez» auec les soldats, parce que dans vne» place assi6gee je ne voudrois jamais» me (ier ä garder vn poste, fust-il at-» taquö ou non, ä des bourgeois seuls,» car d’eux-mesmes ils sont craintifs;» il faut necessairement quelques-vns» hardis meslez parmy eux pour les en-» courager, et cela les fait quelquefois» esuertuer; il faut garnir tout 16 contour> de la place de soldats, c’est-ä-dire» qu’il y ait garde partout; encore que» l’ennemy n’y fasse point d’attaque,» si on en abandonnoit quelques par-» tiessans y laisser personne, l’enne-» my en pourroit estre aduerty, l’atta-» quer et l’emporter, mesme les lieux» qu’on croit forts de nature, et diffi-» cilement accessibles; il faut les gar-» der de peur d’estre pris par lä, com-» me plusieurs autres l’ont est6; il est» vrai qu’il v faut moins de mono«,