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L’expferienee a prouve qu’un eordon regulier de plaees fortes, dis—tnbuees convenablement sur les frontiferos, 6tait le plus sür moyen deprevenir ces erises, et de preserver les Etats de ces grandes et subites rfe-volutions qui les bouleversferent si souvent autrefois, et qui bouleversenteucore les pays qui sont entiereinent denues de fortilications; que c’estvar eiles qu’on est dispensfe d’avoir continuellement sur pied d’in-;:;imbrables armfees, pour garder toutes les avenues du territoire;qu’elles empfechent les peuples civilisfes de devenir la proie des bar-bares, et le sort des nations d’fetre compromis par le mauvais suceesd’une bataille; qu’elles maltriseot jusqu’4 un certain point les hasards,assurent la possession des passages importans, des ports, des entre-pöts de subsistances, des grands fetablissemens de commerce; qu’ellesprfeviennent une multitude de guerres, par la sferie des diffieultfesqu’elles laissententrevoir aux conquferans, et par les ressources qu’ellesoffrent a l’opprimfe; qu’en un mot, suivant l’expressio**eulli, ee sont les ancres sacries qui sauvent les Etats.
Ce n’est pas qu’on ne puisse abuser des plaees fortes, comrae onabuse des meilleures choses; mais leur Institution n’en est pas moinsbonne et utile, l’abus facile ä eviter, et leurs inconvfeniens genferale-ment bien au-dessous des avantages qu’elles peuvent procurer.Ce sontles armes dfefensives des puissances, comme les boucliers le sont desindividus ; les boucliers ne blessent point, ils ne font que parer lescoups. Les plaees fortes sont de mfeme essentiellement conservatrices,et seules sous ce rapport, parmi les grands instrumens de guerre,elles semblent fetre justififees aux yeux de Thumanitfe.
Mais po' ir que les plaees fortes puissent produire les heureux effetsqu’on a hi droit d’en attendre, il faut qu’elles soient inexpugnables 4Taide de leur garnison, ou que du moins, elles puissent fetre assez lon-guement dfefendues, pour 6ter aux ennemis I’envie de les attaquer. IIfaut aussi qu’elles n’inspirent point une fausse confiance, en laissantpenser qu’elles peuvent se dfefendre d’elles-mfemes. II faut enfiu'