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Tome cinqième.
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SUR LA FOUT1PICAXIOM PR1M1TIVB;

En r&sumA, quel doit Alre raisonna-blement le but de nos recherches? 11me semble que c’est de ramener, s’ilest possible, l’Atatdes choses ä ce qu’iletait avant les methodes imaginAes parM. de Vauban. Or, toutes les decou-vertes essentielles de M. de Vauban,dans l’art d’attaquer les places, se r£-duisent ä deux points : 1° l’inventiondu ricoc-het; 2° la Substitution des atta-ques r^guli&res et faites pied ä piedaux attaquesdecousues et de vive forcequi Ataient autrefois usitAes. G’estdonc essentieilement ä neutraliser leseffets de ces deux procAdAs qu'il fauts’appliquer dans l’art de construire etde defendre les places.

Or, quant au ricochet, les meiileursexpediens qu’on aitimaginAs jusqu’icisont : 1“ la Science du dAfilement, quiconsiste a faire passer les plans qui con-tiennent les branches des ouvragesau-dessus des positions oü l’ennemipeut Atablir ses batteries; 2» ä couvrirces branches par des bonnettes, descavaliers ou des traverses suffisammentAlevees; 3°ä diriger cesmAmes bran-ches dans des marais ou autres pointsinaccessibles, aünde les soustraire auxenfilades; 4° ä etendre la fortificationen ügne droite, afln que les prolonge-mens des faces tombent si prAs desautres parties de la fortification, quel’ennemi ne puisse s’y Atablir sans setrouver ä la grande proximitt' de l’ar-tillerie de la place; 5° ä donner auxouvrages un grand relief afin que lesboulets de l’tennemi passent par-dessus»ans y retomber, ou qu’en y remon-tant, ce soit sous un angle trop grandpour se relever et faire des ricochets;6° 4 donner aux branches des ouvragestres peude longueur en ligne droite, etmAme ä les rendre absolument courbess’il est possible; 7° a leur donner trAs peude largeur, afin qu’elles offrent moins

de prise aux batteries d’enfilade del’ennemi; 8° ä blinder ou casemater lesemplacemens destinAs ä l’artillerie dela place et ä ses defenseurs; 9° ä dero-ber entierement les ouvrages aux vuesdu dehors, en ne leur donnant pas plusde relief qu’ä ceux qui sout en avant;10° a n’employer sur les rempartsqu’une artillerie trAs lAgAre et trAsmobile, afin de pouvoir la dAplacerai-sAment et la soustraire promptementaux batteries preparees de l’ennemi.

La combinaison de tous ces moyensfait une partie essentielle de la Sciencedes officiers du gAnie; et, en les em-ployant habilement, ils peuvent par-venir, sinon, ä dAtruire entiArementles effets du ricochet, du moins ä lesattenuer infiniment.

A ces moyens j'en ajouterai ici unautre, qui me parait mAriter d’autantplus de considAralion qu’il est tres sim-ple, et Agalement applicable aux placesanciennes et aux places ä construire.

Ce moyen consisterait ä planter ir-rAguliAremeot sur tous les glacis ungrand nombre d’arbrisseaux de cinq äsix metres de hauteur, de nünierequ’ils dAroberaient ä l’ennemi, pen-dant les premiers jours du siAge, l’en-semble des ouvrages de la place, l’em-pAcheraient d’en faire la reconnais-sance , et de prendre les alignemensnecessaires pour l’emplacement desbatteries de ricochet. II serait toujoursfacile ä 1’assiAgA, en Atudiant le terrainet en elaguaut a propos ces arbris-seaux, de se menager entre eux desAchappAes pour dAcouvrir de la placetous les points de la Campagne; taudisqu’ils n’ofifriraient ä I’ennemi qu’unlabyrinthe, dont l’aspect changerait augrA de l’assiege, qui abattrait ou ela-guerait ä volontA, tantöt l’un, tantAtl’autre de ces arbrisseaux. Toute cetteplantation peut et doit se faire sans