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Tome cinqième.
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SUR LA F0RTIF1LAT1ÜN PRIMITIVE.

nuire ä celle desgrands arbres, qui ontetö proposes par M. de Saint-Paul pourun autre objet, et dont l’utilitö est re-cormue.

Le second objet de l’assiege doit6tre d’empöcher l’ennemi de suivre,au moins dans la defense rapprochee,la marche möthodique des sapes, afinde le contraindre ä n’attaquer jamaisque de vive force. Voyons, s’il est pos-sible, comment on remplira ce secondobjet, encore plus important que lepremier.

Ce qui s’offre d’abord, comme nousl’avons dejä dit plusieurs fois, est dese loger toujours au plus pr6s de l’en-nerni, de maniöre ä ce qu’il se trouvecontinuellement sous le jet de la gre-nade , et expos6, dans ses tranchöes,aux coups de main brusques, aux peti-tes sorties, sans qu’il puisse user dereprösailles; car, se trouvant ainsi sanscesse harcelü dans ses tötes de sape, ilsera oblige de les discontinuer et d’at-taquer de vive force. II s’agit donc desavoir comment Passiögd peut se pro-curer de semblables logemens pendanttout le cours de la defense rapprochee;or, c’est M. de Vauban lui-m6me quiva nous l’indiquer.

« Toutes les fois, dit ce grand ing6-» nieur, qu’on peut se rendre maitre» du chemin couvert, par induslrie,» sans ßtre oblig6 d’en venir aux» raains, c’est, sans contredit, le meil-» leur moyen qu’on puisse employer.

» Mais si ce chemin couvert n’est» point battu des ricochets, ou si les» glacis, eleves par leur Situation, sontsi» raides qu’on ne peut plonger dans le» chemin couvert par les logemens» eleves en cavaliers qu’on peut faire» vers le milieu du glacis, on pourra» 6tre oblige d’attaquer le chemin cou-» vert de vive force. »

Voilä donc un cas oü M. de Vaubas

reconnait que l’assiegeant peilt se tron-ver oblige d’attaquer de vive force :c’est lorsque l'assiege est couvert danssa position par un obstacle, ne fut-cequ’une palissade, que le ricoehet nesaurait detruire, et qu’on ne peutd’ailleurs parvenir ä le dominer etplonger dans cette position, pour l’enchasser prealablement.

De lä, je conclus que pour r^duire1’ennemi ä ne pouvoir attaquei le che-min couvert, ou toute autre positionsemblable, que de vive force, il n’y aqu’ä : 1° substituer a la palissade unobstacle que no saurait rompre le ri-cochet, tel, par exemple, qu’un bonmur crönele; 2° substituer au glacisbas ä pente douce, comme les glacisordinaires, un glacis trös haut ä penteraide, comme les glacisvcoupds.

Donc, pour rdduire l’ennemi ä nepouvoir jamais attaquer que de viveforce pendant tout le cours du siege, ilfaut lui presenter une sdrie d’obstaclesde ce genre, c’est-ä-dire loujours desglacis coupds ä l’tipreuve du canon di-rect , avec un mur crenele derriere al’dpreuve du canon ä ricoehet.

Teiles sout, en elfet, les conditionsque j’ai tächö de remplir dans les deuxsystemes exposes ci-dessus, et princi-palement dans celui de la fortificationprimitive.

D’apres ces principes, qui me pa-raissent incontestables, je pense qu’ilserait possible, sans beaucoup de d6-penses, d’nugmenter considerablementla force des places actuellement exis-tantes, en transformant aux anglessaillans les glacis ordinaires en glaciscoupes, et en substituant ä la palissadeun mur cr6nel6 qui regnerait, vers lemilieu de la largeur du chemin cou-vert, tout le long de ses branches.

Je remarque d’abord que, par cetteconstruction, tout demeure tlanque sur