STTR LA FORTI FICATION PRIMlTiVE.
les glacis, et qu’elle ne donne lieu äaucun angle mort; car, pour cela, iln’y a qu’ä prolonger les pans de glacisde places d’armes rentrantes, jusqu’auterrain naturel, et enlever tout le mas-sif des terres comprises entre ces plans,ainsi prolongös, et les talus des glaciscoupes vis-ä-vis des angles flanques desbastions et de la demi-lune. Ces mas-sifs de terres enlevtes pourront 6treemployes tres utilement, soit ä releverles glacis en general, soit ä faire destraverses, des bonnettes, des barbettes,des cavaliers; car il ne faut pas oublierque le relief de la fortification ne sau-rait 6tre trop grand, ainsi que l’observe,avec raison, M. de Cormonlaingne, etqu’on n’a jamais autant de terres qu’ilserait ä d^sirer.
Je suppose d’abord qu’on en emploieune partie ä former, dans le terre—plein de chacune des places d’armessaillantes, tant des demi-lunes que desbaslions, dans le sens de sacapitale,une traverse 6lev6e de deux mOtres aumoins au-dessus de la cröte du glaciscoupe. Celte traverse arr&tera la plu-part des coups de ricochet, et trOs peude ceux qui passeront par-dessus pour-ront retomber dans le chemin couvert.De plus, cette mftme traverse annule-rait egalement 1’efFet des cavaliers detranch6e, s’il y en avait; mais ces ca-valiers ne sauraient mßme avoir lieu,parce que le glacis n’existant plus, ilfaudrait leur donner trop de hauteurpour qu’ils puissent plonger par-dessusla traverse.
En general, malgr6 le pröjuge con-traire, il est certain que les glacis cou-pes sont beaucoup plus avantageux queles glacis ä pente douce. Ceux-ci sontaux autres ce qu’une brache tres apla-nie est ü une brbche escarp6e, et quidemeure teile malgre les coups de ca-non qu’on peut tirex dedans. De plus,
j leur peu de largeur ne pennet pointä l’assiögeant de se loger au-dessuspour y 6tablir ses batteries; et, s'ilveut les attaquer par la guerre souter-raine, eile est tout en faveur de l’as-siöge, auquel il est toujours facile deprevenir l’ennemi, et de l’empöcherd’etablir ses fourneaux , sans qu’il aitbesoin d’en faire lui-mßme. Les glacisä longue pente favorisent d’ailleurssinguli&rement l’attaque methodique,tandis que les glacis coupes ou ä penteraide necessitent l’attaque de vive for-ce, comme l’observe M. de Vauban;et enfin les premiers absorbent uneimmense quantite de terres, qui pour-raient fitre employees d’une maniöreinfmiment plus utile.
Tels sont les moyens par lesquels onpeut neutraliser, en trbs grande partie,les deux decouvertes principales deM. de Yauban, et ramener l’etat deschoses ä ce qu’il 6tait autrefois, en rd-duisant celui qui assiege ä n’attaquerjamais que de vive force (1). Les autres
(i) J'ai dit, dans une de mes notes prdcdden-tes, que je reviendrais sur la maniere de se dd-fendre conlrc les attaques de vive force, et desinconvdniens de ce qu'on nomme ddfense depied ferme; cela est d’autant plus ndcessaire,que bien des personnes me semblent etrc en-core dans l’erreur ä cet dgard, et que M. deVauban lui-meme ne paratt pas avoir eu desiddes entierement fixes sur ce point essenliel.Tantöt il approuve, par exemple, et tantöt ilbläme la ddfense des chemins couverts de liay-serwerl, qui fut faite de pied ferme. C’eslqu’en effet la ddfense de ces chemins couvertsfut admirable comme trait de bravoure, maiströs mauvaisc sous le rapport de l'industrie.«L’assidgd, ditM. de Vauban , y perdit trois» ccnt cinquante ä quatre ccnts hommes en» deux heures de temps, ce que dix jours de» sidge de plus n’auraient peut-etre pas fait, sl» le ddtail de la ddlense eüt dtd plus mdnagd. »Mais commenl fallait-il mdnager cette ddfense?C’est ce que M. de Vauban ne dit pas. Puisquel’ennemi attaquait de vive force, il fallait ne-cessqirement ou Iqi tenir Wie, comme ou 1>.