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Tome cinqième.
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SUU LA SITUATION 1)

armee oü tout abonde, manquait ab-solumentdanscelle-ci, oü tout man-quait avec lui. La poste des cour-riers, et des officiers de tout grade,portait sans cesse ces affligeans detailsau premier consul; mais la position del’armüe etait teile, qu’elle ne pouvaitütre secourue oü eile etait. C’est uneverite que le gouvernement n’avait paspu avouer, mais qu’il est facile d’üta-blir; et en effet, il lui aurait fallu, ücette armüe, des sommes ünormes pourchanger sa Situation ; et de moindresdepenses pouvaient creer une armüetout entiüre. II lui aurait fallu en in-fanterie d’immenses renforts : or, lestroupes ne pouvaient y arriver qu’a-pres une marche aussi longue que fa-tigante, et il n’y avait pas mßme dansla Ligurie de quoi nourrir et solder lepeil de troupes qui y etaient. Il lui au-rait fallu de la cavalerie, et l’on n’avaitpas möme le fourrage nücessaire pourfaire vivre le petit nombre de chevauxdes generaux employes dans l’armüe.11 lui aurait fallu de l’artillerie, et il n’yavait pas de route pour l’amener, pasde chevaux pour la conduire, et pas defourrages pour nourrir les chevaux. Lamer, le seul moyen de nous procurerdes secours, appartenait aux Anglais .

Quant au günüral Massena, qui nepouvait penser que l’armüe de reservetut en mesure de secourir l’armee d’Ita-lie,ileutladouleurdesevoirbloquedansle moment oü la penurie et la misüreütaient ä leur plus haut degre; dans lemoment oü l’armee, sans fournisseurs,et apres avoir epuise une grande par-tie des ressources locales, n’avait pas

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dans ses magasins pour vingt-qualreheures de pain ; et oü, pour comble demalheur, il attendait ä l’aile droitetrois demi-brigades et trois regimensde cavalerie, et oü il savait deux mil-lions arrives ü Nice , et les dix-huitmille quintaux de ble expediüs de Mar-seille pour Günes, par la compagnieGuyot.

Mais au 15 germinal, l’ennemi qui,par son attaque, ne nous laissa pas letemps de recevoir de secours, dütruisitä la fois toutes nos esperances d’ar-gerit, de vivres et de renforts. Aussi,comme nous n’ütions point en mesure,et qu’il n’y avait aucun üquilibre deforces ni de moyens entre nous et lui,nous ne pouvions rien opposer au chocde ses masses; nous ne pouvions luifaire, avec quelqu’avaritage, qu’uneguerre teile que, par le rüsultat desmouvemens, nous parvinssions a le di-viser, afin de nous porter rüunis surses parties üparses. C’est d’apres toutesces donnües, que s’etant principale-ment dirigü sur Vado et sur Savone ,il s’empara de la premiere de ces deuxplaces des le second jour de l’attaque,et isola par ce mouvement l’aile droitede l’armüe. Cette derniere, seule, de-fendit Günes contre tous les elforts descoalisüs. Gßnes etait le but connu destentatives de l’ennemi. Ce Journal necomprendra donc en detail que lesoperations de cette aile, qui sont, parcette raison , ce qu’il y a de plus inte-ressant dans le röle que ces dübris del’ancienne armüe d’Italie furent appe-les ä remplir au commencement decette nouvelle Campagne.