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Tome cinqième.
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JOURNAL DES OI’ER ATIONS MILITAIRE9

W*

Aux premiers coups de canon , le ge-neral Mass6na s’ütait port£ ä la Lan-terne, pour observer les mouvemensde l’ennemi dans le Ponent. En unmoment, il avait jugü que l’ennemine pouvait rien esperer de ce cöte, et,en consequence, il s’ötait rendu dansle Levant. oü (iönes presente ä la foisbeaucoop moins d’etendue et beau-coop moins de defense, et qu’il jugeadevoir 6tre le point de la veritable at-taque de l’ennemi.

Aussi, vers deux heures apres midi,lorsqn’a travers tant d’attaques succes-sives et differentes, de tant de mouve-mens divers, le general en chef se futassure que le but de l’ennemi etait deconserver la po-ition des Deux-Freres,et d’enlever celle de la Madona-del-Monte, d’oü il nous forfait d’evacuerAlbaro , et d’oü seulement on peutbombarder Cönes, il resolut de pro-liter de ses rüserves qui n’avaientpoint encore donne, et de la sücuriteque notre retraite et le temps affreuxqu’il faisait, devaient doriner ä ren-nend, pour l’attaquer a son tour, re-prendre, s’il etait possible, ses pre-mieres positions, et faire ainsi tournercontre l’ennemi ses propres entrepri-ses. Cette rüsolution etait audacieusedans la Situation des choses; mais queserait la guerre sans l’audace?

D’apres ce plan, le general Soult futchargü de l’attaque des Deux-Freres,et re(;ut ä cet effet les73 c et 106% ainsique le troisieme bataillon de la 2 e deiigne. Le general en chef continua adiriger les operations de la premieredivision, commandee par le general

(1) Le capitaine Matbivel, de la 62 c de ligae,aujoinl a radjudani-general Thiebaull, se trou-\ aut, a\ec les cituyens Vaille, capitaine, el Dra-pier, sergem-major au uicme corps, avo.r, parreffet de teur courage, devaued leurs camarades,tombereut seuls au mitieu de qualre-vingls Au-

I Miolis, et la renforpa, pour l’ex£cutionde ses desseins, des deux premiers ba-taillons de la 2° et de la 3 e de Iigne.

Mais afin de ne rien avenlurer, etavant de mettre ses reserves en mou-vement, et de se porter ainsi sur lecentre de l’ennemi, il jugea devoir enaffaiblir la gauche, et pour cela il fitdonner au general Darnaud l’ordre dene laisser qu’un cordon devant l en-nemi, de forcer sa gauche, et de sereporter rapidement sur ses derrieres,afin de le battre, et de lui enlever unepartie des troupes qui avaient formel’attaque de Saint-Martin, et passe laSturla, presde la Marine, oül’adjudant-gdnüral Ottavi se trouvait avec le troi-sieme bataillon de la 62 6 de Iigne, etquelques compagnies des legere etde Iigne.

Ce mouvement, que le g^nüral Dar-naud exücuta avec autant de precisionque de vigueur, lui fit infinimentd’honneur, et lui livra quatre Centsprisonniers (1).

Cette Operation assurait la drohe descorps que nous pouvions faire avancerä la gauche d’Albaro . 11 etait alors presde trois heures du soir, et c’est ä cemoment que le göndral Poinsot futchargü de reprendre le fort de Quezzi,avec les premier et deuxieme balailionsde la 3” de Iigne, pendant qu’a la tetede la 78° de Iigne, l’adjudant-generalHector tournerait le Monte-Rati, ensuivant la crfSle qui lie la Madona-del-Monte au fort Richelieu.

Ce dernier mouvement, necessairement tres lent, ne put suffisammentseconder le premier, dans lequel nos

trichiens, commandds par quatre officiers. Ilsitaient prrdus; niais la prdsence d’espritdu ca-pitaine Mathivet les s&uva; eile Tut teile, qu’iiparvinta persuader aux ennemis qu’ils elaicntenveloppgs, ä leur faire mettre bas les armes,et a les ramener prisonuiers de guerre.