DC SIEGE ET T)C BLOCUS DE GENES. 805
voyaitpas, couvrirent les montagnes61ev6es que nous occupions, et enve-loppörent tous les combattans, aupoint que l’on ne s’apercevait plus qu’äla faveur des dclairs. Aprös trois quarts-d’heure d’un verkable deluge, pendantlequel personne a’osait faire un pas,chacun se troura on l’orage l’avait pris;mais tout etait mouill6, et la terre ettes armes. Le moment de l’energie (1)ftait passe. Le’' sentiers dtaient deve-ftus extrömement glissans et difficiles,et pendant ce temps, l’ennemi s’etaitencorc ren force par l’arrivee des corpsqui, plafbds dans les vallees environ-nantes et au-dessous des nuages,avaicnt pu marcher pendant l’etat deStagnation dans lequel nous avions etesi long-temps. Les obstacles, en unmot, avaient augmentd en proportionde la diminütion de nos moyens. OnOt encorc des efforts, mais ils furenttous malheufeux. L’enthousiasme, ceressort des ämes, qui est tout pour lesFrancais , etait us£.
Sur la gauche, le göneral Spital, encherchant ä ranimer ses troupes, eutson clieval tue sous lui, et lui-memese blessa dans sa chute. L’adjudant-gdneral Reille prit sa place, se jeta enavant, et ne put faire partager le Cou-rage dont il donna l’exemple avec leplus grand d^v^uement.
Sur la droit«.. l’adjudant-g£n6ralGautier, par la force du sien, obtintencore une Charge, au moyen de la-quelle il enleva les redoutes qui de-fendaient le camp ennemi; mais aus-sitöt, ce dernier fait donner l’une deses rdserves, que conduit le generalHohenzoilern lui-m6me. Le choc est' terrible; l’on se bat corps ä corps, et
(1) A la Sn du blocus, eile dtait faible dansnos troupes, par l'effet de tout ce qu’elles avaient»ouffevl
Gautier tombe blessd. Ses troupes re-culent. Le lieutenant-general fait ra-pidement avancer le gdneral Poinsot,ä la töte de la 2 e de ligne; l’ennemiplie ä son tour, nos troupes arri-entau camp de Monte-Creto. Le feu .tatmis par eiles aux baraques de ce camp;mais l’arrivee d’un nouveau corps en-nemi rend encore eet cffort inutile, etnos troupes se dispersent de nouveau.C’est alors que le lieutenant-gdndralSoult, accompagnd et seconde du chefd'escadron Soult, son frere et son aide-de-camp, et du citoyen Mengodt, lieu-tenant au 4 e regiment de hussards,rallie la 5 e de ligne. Les troupes , ä savoix, s’arrötent un instant; il sembloleur communiquer lavaleurqui I’ani-me; mais une balle, qui lui fracasse lajambe droite, nous arrache la victoire.La retraite s’opere; et, pour comblede douleur, le general Soult reste aupouvoir de l’ennemi. Le terrain, natu-rellement glaiseux et inclinö, etaittellement imbibe, que nos soldats, .ex-tönues de fatigue et s’y soutenant äpeine, ne purent l’enlever, malgrd lesefforts qu’ils firent pour y parvenir.L’ennemi suivit d’autant plus faible-ment nolre mouvement retrograde,qu il avait dätachd une colonne pournous tourner. Cette colonne serait, eneffet, arrivde assez ä temps pour cou-per la retraite ä la moitie de nos trou-pes , si eile eüt eu affaire ä tout autrequ’ä des Francais .
Il y eut, dans cette rencontre im-prevue pour nos bataillons, une actionassez vive, et dans laquelle le chef debrigade Perrin, commandant la 2" deligne, recut, ä la jambe gauche, uneballe dont il mourut vingt-trois joursaprbs.
Au moment oü le gdneral en chefavait jugd l’entreprise manqu^e, ilavait d&achd, de la division Gazau,