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Tome cinqième.
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DD SIEGE ET Dü BLOCDS DE GASTES.

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rappeier toutes les circonstances -deces desastres , sans dücrire la faim dü-vorante remplissant jour et nuit lesairs des cris du desespoir, les rues demorts etdemourans (1), sans parierdeces victimes qui, faute de pain, ontterminö, dans des rüduits hideux, leuraffreusc existence; sans chercher descontrastes dans la rage des uns, dansle morne et profond abattement desautres; sans scruter toutes les horreursde cette misere; sans tracer le tableaude tout un peuple päle, düfigurü et li-vide se dispulant les chevaux qui,morts de maladie, elaient transportesh la voirie, s’arrachant les cliiens, leschats et les autres animaux domesti-ques, et mangeant jusqu’ä des souris,des rats et de l’herbe, la päture desbestiaux qui avaient eld devords; sansnous etendre davantage sur ces lugu-bres souvenirs, nous laisserons ä cha-cun de nos lecteurs ä se figurer quelleshorreurs la famine doitavoir produitesdans une enceinte de cent soixantemille ämes, oü de tout temps il y aeu beaucoup de pauvres, et oü, aucommencement du blocus, le peuplene recevait ddjä plus par jour qu’uneonce de pain par personne.

Au 20 floreal, le gendral Massena,par une de ces rdsolutions qui sont fai-

(1) En pariant de cette douloureuse dpoque,le citojen Corvello, chargö par le gouverne-ment de scs relations ordinaiies avcc le göndralen cbef, a dit dans un rapport qu’il fit ä ce Su-jet: « Des rnalheureux rdpandus dans les rues,»les remplissant de lcurs gömissemens et torn-» bant a chaquc pas de pure döfailiancc; dci» cnfans delaissCs et courant dans la ville en» jctant des cris aigus; des physionomies päles»et döOguröes oü se peignaient ä-la-fois leu dösespoir du prlsent et 1> s angoisses de l'avc-» nir; des morts et des mourans que la police» faisait bientöt enlever sans les formalitds ac-» coutumöes: voilä une faible esquisse du ta-»bleau dechirant qu’offrait, aux yeux de»1’homme sensible une ville jadis si riebe et si

tes pour ötonner tous ceux qui sont ämüme de les apprücier, osa (dans cemoment oü cette immense populationdevenait cependant si redoutable) don-ner l’ordre de retrancher au peuple lepain que de temps immemoriul legouvernement Iui faisait distribuer, etqui lui ütait alors plus necessaire quejamais.

Le but de cette mesure audacieuseetait de tout rüserver ä l’armee; mais,pour prüvenir les malhcurs qu’ellepouvaitoccasionner, le genüral en cheffit muliiplier les soupes d’herbes queI’on vendait ä bas prix au peuple, demüme que pour le mettre ä müme depayer ces soupes, il fit solder, par laclasseriche ou aisüe, toute la classein-digenle. Ainsi chaque pere ou merepauvre refut seize sous par jour, etchaque enfant, ou autre individu pau-vre sans enfant, dix sous.

Les curüs donnürent les listes deleqrs paroissiens.

Le rüle de l’imposition personnelleservit de base pour 1’assieUe de cenouvel impüt; et, de cette maniüre,ces secours furent rügularisrs.

Cette mesure, en formant deuxnouveaux partis dans la ville, produi-sit encore le bien de faire cesser desmurmures qui devenaient alarmans:

» florissante. » Et l’on pourrait ajouter avecl’auteur de VEssai sur l'elat de Genes : Ceti«ville cdlebre, qui couvrail la mrr de scs vais-soaux, qui avait pris ct ddlivrd des rois, dontla puissance avait porld la guerre avcc des Suc-res dclatans dans diverses parties du munde ctdont plusieurs Etats d’Itaiie avaient re(u laloi.

Mais un fait que Tbisloire recueillera ave«dtonnement, c’est qu’au mllieu d un dlat dachoses fi violent, il n’y eut presqne point d'in-Subordination dans l'armde, ni de mouvemcrildans le peuple , point de vols, point de dösor<dres, meme dans les rues, Iors du bombardcament, et qu’ä dix heures du soir tous les ci«toyens dtaient habituellement retirds cbez eu .