D0 SIEGE ET Dü BLOCÜS DK Gf?NES.
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«raux, Les uns se f6licitent, les autres !«’embrassent; les figures de nos enne-mis secrets s’allongentaux crisde joiedes patriotes. Un mouvement nouveauanime tout G6nes. De l’etonnementon passe ä l’enthousiasme qui bientotse change en delire. Dejä ies troupesavaient pris les armes, et le general enchef 6tait sur les hauteurs en avant dela Tenaille, pour voir si l’ennemi fai-sait quelque mouvement; mais lestrois camps qu’il avait sur la rive droilede la Polcevera ötaient dans leur etatnaturel. Partout il nous montrait sesforces ordinaires; un orage lointainparut expliquer le bruit entendu, et,apres avoir presque acquis celte dou-loureuse certitude, tout le monde re-prit ses positions ordinaires.
Ainsi se passa, pour G6nes et l’ar-mee, cette journee si douce d’abord,et ensuite si cruelle, a cause du de-couragement qui succeda chez tout lemonde ä une esperance trompeuse, älaquelle il en coütait d’autant plus derenoncer, qu’elle devenait a tout ins-tant plus nöcessaire, et qu’on s’y etaitplus entierement livne.
Le geperal en chef regut dans cettejournee tine demande d’entrevue de lapartdesgenerauxKeith, Otto et Saint-Julicn. 11 leur envoya l’adjudant-gene-ral Andrieux pour conriaitre les motifsde cette demande: eile avait pour butlaremise d’une lettre que M. de Melasecrivait au general Massena, pour luirenouveler les offres de la capilulationla plus honorable.
(1) On croyait gtfnöralemcnt ä Genes que lepremi r consul, proGtant de l'cnteicmcnt dugdneral Melas ä couvrir le blocus, lächcrait desurprendre Manloue, se jelerdit de lä dans lel’yrol, erait, en conlinuant sori mouvement, sajonction avec le g4n<5ral Moreau, et, ä la tetedes deux armees, irait 4 Vienne dicter les con-ditions de la pait. Mais il portalt des coupiplus sttrs et plus rapides.
Le citoyen Andrieux ne se crutpoint autorise a s’en charger du mo-ment ou il en connutle contenu, et seborna ä en rendre eompte au gdneralen chef pour lequel eile fut porteedans la journee aux avant-postes fran-gais.
Accoutumd ä ne traiter avec les en-nemis de son pays que les armes ä lamain, le premier mouvement du gene-ral en chef fut de rejeter toute Ouver-türe semblable;maisnous 6tionsarriv6sau termeoü Bonnparte savait que nousdevions tomber. Le moment ou il nousavait semble pouvoir nous d^bloquerdtait passe. Ayant toujours suse me-nager les moyens de faire ce qu’il aprojete ou rdsolu, il semblait ä quel-ques militaircs que G6nes n’etait pasnecessaire ä l’exöcution de ses projets,puisqu’il ne debloquait pas cette pla-ce (1); et que , pendant que le generalMelas morcelait son armee pour lacouvrir, Bonaparte marchait ä l’execu-tion d’autres desseins. La diversionque la defense de Gönes avait fait faireal’ennemi,et qui avaitfacilite ä l’armeede reserve le döbouchö des Alpes , etson entr6e dans le Piemont et la Lom-bardie, pouvaitötre tout cc que Bona-parte avait attendu de nous. L plande Campagne prouvait d’ailleurs que lebut du gouvernement n’avait jamaisetö de sacrifier l’armee d’Italie ä Gö-nes; mais seuiement de l’employer ätenir cette place autant que possible;et, apres cela, d’occuper Pennend damle Bas-Piemont (2) afin de Py envolop*
(2) Il csl rare de voir un gi!n<5ral rdaliscr klespörances de son ennemi aussi completemeitque le fit M. de Mdlas, en portant une pari;»de son armde sur le Var. En allaquant le midide la France , il crut elre plus heurcux que nel’avaient eid 1c prince Eugene et le gdneralBrawn, el il se Uompa. Son plan ct la roBnier«dont ii fut ex4cul4 valaieqt en effet enttor«moln# que )« l#ws.