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810 JOCRNAL DES OPEHATiONS MILIT AIRES
per ensuite. D’nn autre cöte, i! n’exis-tait plus par homme une ration com-pläte de cette composition , qu’ä laplace de pain on douiiait aux troupes,et qui, distribude par faibles portions,ne pouvait merier que jusqu’au 14.Presque tous les chevaux etaient mari-gds; il dtait, au surplus, temps de fairequelque cliose pour des troupes qui,de leur cötd, avaient lout fait, et quela patrie etait si interessde a conser-ver. 11 etait encore egalement impor-tant de sauver tout un etat-mnjor ge-ndral et pres de six mille malades oublesses; enfin, c’eüt dte faiblesse quede ne pas savoir supporler un revers,dont au surplus, et indöpendammentde toute autre consideration , rien nepouvait plus garanlir, et que tous lesefforts possibles avaient vaincmentconcouru ä prdvenir, a dviter, ou dumoins ä retarder.
Ces motifs, qui tous ddmontraientl’evidcnte neoessite de se conserverl’a-vantage qu’offrait la demarche de l'en-nemi, determinerent le gdndrul enChef ä repondre : « que quoique cette» ouveriure füt prematuree, il se reser-» mit cependant de traiter de son objet» lorsqu'il een serait sujfisamment oc-» cupe. »
11 Prairial.
Avant une heure du matin, le bom-bardement de G&nes dtait dejä recom-mencd; mais il fut moins long etmoins vif qu’ä l’ordinaire. Le gendralen chef, qui, aux premiers coups, serendait toujours ä la balterie de laCave, et de lä ä celle de la Lanterne,pour observer par lui-mdme tout cequi se passait, tant au-dedans qu’audehors de la place, se porta ce jour-lä,de cette dern ihre place au fort de l’E-peron, pour juger du bruit du canon
que l’on croyait y entendre; mais c’d-tait encore l’illusion duddsir, qui seulerenouvelait cette erreur sidouee. Apress’etre a-sure par lui-möme de cette ve-rite, et apres avoir appris, par les rap-ports de plusieurs gdneraux, envoyesä cet eflfet de tpus cötes, que l’ennemitenait toutes ses posilions ordinaires,et n’avait fait pendant la nuit aucunmouvement, il rentra vers sept heureschez Iui.
Instruit de ces diflerensfaits, le ge-neral en chef rassemble chez lui, versmidi, les chefs des corps qui compo-seni l’armee. Il se fait rendre cornptepar eux de l’etat de leurs demi-briga-des. Il concerte avec eux les moyensd’v ramener l’ordre et d’y resserrer lesliens de la discipline, que l'exces dessouffrances y relächait sans cesse. IIfait des promotions; il charge les chefsde l’avancement de leurs sous-oßi-ciers, et les autorise indme ä nasserceux qui, dans cette circonstance dif-ücile, ne justifieraient pas leurs pro-motions anterieures; enfin, il leur de-mande sur quoi il pourrait compter,s’il se determinait n tenterune trouee?
A l’unanimitd, tous lui deciardrentqu’il ne pouvait esperer dtre suivi quepar des oflieiers, les soldats n’dtantplus en dtat de soutenir un combat, nimime une simple marche.
12 Prairial.
Jamais besioin de nouvelles ne futplus grand; jamais silence ne fut pluscomplet ni plus accablant,
Quelques bruits vagues se rdpandentque six espions de Bonaparte ont ddjäetd arrötes autour de Gdnes, et fusillespar l’ennemi, et que la crue des eauxdu Pö retarde la marche et les opera-tions de l’armee de secours, qui, leetait cependant rassemblee ä Yvrea.