DD SIEGE ET DD
C’est tout ce qui parvint jusqu’ä nous,encore avec tous les caractöres de l’in-certitude.
Ce qui malheureusement ötait tropevident, c’etait l’accroissement desmaux de toute espece, le progres desmaladies, le nombre effrayant desmorts dont la famine semait les rues,le tableau de la misere la plus affreuse;enfin celui du decouragement, de latristesse, du mecontentement et dud^sespoir, qui se manifestaient 6gale-ment sur les visages decolores des ha-bitans et des militaires.
Mais entin, comme nous touchionsau manque total de subsistances detout genre, etque nous avions perdutout espoir d’ßtre secourus ä temps,l’adjudant-gönöial Andrieux, sous leprtHexte d’une entrevue relative auxprisonniers, lut chargö d’aller recevoira Rivarolo les propositions de l’enne-mi, et d’entrer en negociation.
Le premier mot de l'ennemi fut quela capitulalion qu’il offrait etait, queFarmte retournät en France , maisque le genteal restät prisonnier deguerre.
« Vous valez seid vingt mille hom—» mes, » ecrivait M. Reith au generalMassena.
Mais ce dernier, d6termine ä mou-rir plutöt les armes ä la main, qu’äconsentir ä rien qui ne füt digne delui, tranchant sur toutes les petitesJilficultes ou chicanes, repondit ä cettepremiere proposition, en declarantqu’aucune negociation ne serait jamaisouverte, si le mot de capitulation devaity elre employe.
13 Prairial.
Cette teponse fut portee par le ci-toyen Andrieux aux plenipotentiairesdes gteeraux ennemis, et quelque
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precieux que fussent les mornens decette journee, dejä si critique, eile sepassa en negociations orageuses. Latenacite des negociateurs ennemis em-pteha d’arriver au but voulu par legeneral Massena , qui tenait ä la Con-servation de la totalitü des armes etdes bagages de son armee, et ä cequ’elle eüt tous les moyens d’evacuation qui pouvaient lui 6tre neces-saires.
14 Prairial.
Le 14 au matin, les negociations re-prirent cependant; mais, vers quatreheures du soir, l’adjudanl-gteeral An-drieux fit prevenir le general en chefque les difficultds ne s’aplanissaientpas, et que les ennemis refusaient d’aocorder que Farmte, teacuant Gönes,empörtet avec eile plus de trois millefusils et six pieces de canon.
11 fallait cependant se häter de pren-dre un parti; car il n’y avait plus au-cune distribution ä faire le 15 ä midi,et c’est dans cet etat de detresse quele 14, vers six heures du soir, le g6-nteal Masstea donna au citoyen Morinles pouvoirs extraordinaires d’aprtelesquels il se reunit de suite aux Con-ferences , et pour instructions ce quisuit: L’armee evacuera Genes, avec ar-mes et bagages , ou bien eile se ferajourdemain par la force des baionnetles.
Pendant toute cette journee, la villeresta calme. La publicit6 des negocia-tions contribua ä cette tranquillite:car les souffrances teaient horribles (1).
(1) Cel 6tat de douleurs produisit meine uneffet moral qui nitrite d’etre consacre : cet cffetest que le prolongement de maux insupporta-bles avait fini par isoler tout le monde; on netenait plus les uns aux autres que par l’apprd-hension de l’avenir, et le besoin de concourirmutuellement ä la ddfense commune. Il n’yavait rdellement plus d’autres liens que ceux dumalheur.