STRATEGIE. 813
belligerantes avec les puissances voisi-nes, les ressources, soit positives, soitfdddratives, forment autant de combi-naisons etrangöresau fond ä la Sciencedes eombats, mais trüs intimement lieesrteanmoins avec les plans d’operations,et qui peuvent dücider si une armeedoit desirer oucraindre de pousser jus-qu'ä la capitale ennemie.
Dans ce dernier cas, Ie point objec-tif pourra ötre dinge contre la partiedu front d’operations ou de la ligne dedefense, oü se trouverait quelqueplace importante dont la conquöle as-surerait,ä l’armee, la possession duterritoire occupü: par exemple dansune guerre contre l’Autriche , si laFrance envahissait l’ltalie, son premierobjectif serait d’atteindre la ligne duTessin et du Pö; le second point ob-jectif serait Alantoue et la ligne de l’Ardige.
Dans la defensive, le point objectif,au lieu d’fitre celui que l’on veut con-qudrir, sera celui que l’on cherche äcouvrir. La capitale etant censee lefoyer de la puissance, devient le pointobjectif principal de la defensive; maisil peut y avoir des points plus rappro-ches, comme la defense d’une pre-miere ligne et de la premiere based’opürations; ainsi une armde fran-Caise, reduite ä la defensive derriere leRhin , aura pour premier point objectifd’empöcher le passage du fleuve; eilecnerchera ä secourir les placesd’Alsace ,si l’ennemi parvenait ä effectuer sonpassage et ä les assieger; le second ob-jectif sera de couvrir la premiere based’operaeions qui se trouvera sur laMeuse oula Moselle , butque l’on peutegalement atteindre par une defense la-terale aussi bien que par une defensede front.
Quant aui points objectifs de ma-nmuvres, c’est-ä-dire ceux qui se rap-
portent surtout ä la destruction ou ä ladecomposiiion des armees ennemies,on jugera de toute leur importance parce que nous avons4ejä dit plus hautdes points decisifs de la müme espece.C’est en quelque Sorte dans le bonchoix de ces points que consiste le ta-lent le plus precieux pour un generaletle gage le plus sür de grands suecesDu moins est-il certain que ce fut lemerite le plus incontestable de Napo-leon. Rejetant les vieilles routines quine s’attachaient qu’ä la prise d’une oudeux places, ou ä l’occupation d’unepelite province limitrophe, il parutconvaincu que le premier moyen defaire de grandes choses dtait de s'ap-pliquer surtout ä disloquer et ruinerl’armee ennemie, certain que les Etatsou les provinces tombent d’eux-mü-mes quand ils n’ont plus de forces or-ganisees pour les couvrir (1). Mesurerd’un coup-d’ceil sür les chances qu’of-friraient les differentes zönes d’untheätre de guerre; diriger ses massesconcentriquement sur celle de ses zö-nes qui serait evidemment la plusavantageuse; ne rien negliger pours’instruire de la position approximativedes forces ennemies; puis fondre alorsavec la rapiditü de l’eclair soit sur lecentre de celte armde si eile etait di-visüe, soit sur celle des deux extremi-tcs qui conduirait plus direclemcntsur ses Communications, la düborder,la couper, l'entamer, la poursuivre aoutrance en lui imprimant des direc-tions divergentes; enfin ne la quitterqu’aprüs l’avoir andanüe ou dispersee :voilä ce que toutes les premieres cam-
(1) La guerre d’Espagne et lou'es les guerresnationales pourraient etre eitles comme excep-tions; cependant sans le secours d’une armeeorganisde, soit Prangere, soit nationale, toure;luttc partielle des populations succomberalt • 'la longue.