Band 
Tome cinqième.
Seite
852
JPEG-Download
 

852

STRATEGIE.

cueillir ses divisions d’observation, etopposer ainsi toutes ses forces concen-trees ä l’ennemi. Je n’observerai riensur ces positions de combat qui, ren-trent dans Ie domaine de la tactique,et je ne dois parier ici que des lignes dedEfense stratEglques.

Une seule remarque qui nous resteä faire sur ces dernieres, c’est qu’unearmEe offensive entrant dans un paysavec l’intention de le soumettre oumEme seulement de I’occuper tem-porairement, agira toujours avecpru-dence, quelque grands qu’aient EtE sessuccEs antErieurs, en se prEparant unebonne ligne de defense pour lui servirau besoin de refuge dans le cas oü unrevers de fortune viendrait a changerla face des affaires. Ceslignes rentrantdu reste dans la combinaison des basestemporaires ou Eventuelles; nous nousbornerons ä Ies indiquer ici pour com-plEter l’aperfu que nous donnons. Dansune Science oü tout se lie si etroite-ment, ces rEpEtitions sont un incon-vEnient inEvitable.

Combinaisons stratdgiques du cboix et de ladirection des ligues d’opdraiions.

Si le choix d’une zöne d’opErations

[1) On a criliqud cette definition, et commeeile a pu en effel donner lieu ä des mäprises, jecrois devoir l’eipliquer.

D'abord il faul ne pas oublicr qu’il s’agit delignes-manoeuvres, c’est-ä-dire de combinai-sons. et non de grands chemins. Ensuile il fautadmettre aussi qu’unc armdc, marchant pardeux ou trois roules peu distantesles unes desautres, de maniere ä se riiunir en deux foisvingt quatre heures, n’a pas pour cela trois li-gnes d’opdrations-manoeuvres. Lorsque Äloreauet Jourdan entrörent en Allemagne avec demmasses de soixante-dix mille hommes inddpen-dantes l’une de l’autre, ils formaient bien uneligne double; msjs une armee frangaise dont

offre des combinaisons trEs bornEes,en ce sens qu’il n’existe jamais quedeux ou trois de ces zönes sur chaquethEätre d’opErations, et que leurs avan-tages dEpendent le plus souvent deslocalitEs, il n’en est pas tout-ä-fait demEme des lignes d’operations; car leursrapports avec les diverses positions del’ennemi, avec les Communicationsplus ou moins nombreuses de l’Echi-quier stratEgique et avec les manoeu-vres projetEes par le gEnEral en chef,les divisent en autant de classes diffe-rentes qui refoivent leurs noms de cesmEmes rapports.

Nous appellerons lignes d'operationssimples , celles d’une armEeagissant surla mEme direction d’une frontiEre, sansformer de grands corps indEpendans.

Par lignes d’operations doubles , jen-tends celles que formeraient deux ar-mEes independantes l’unc de l’autre surune mEme frontiere, ou aussi celles quesuivraient deux masses ä peu prEs Ega-les en forces et obEissant nEanmoins äun mEme chef, mais agissant sEparE-ment ä de grandes distances et pourun long espace de temps (1).

Les lignes d'operations interieures sontcelles qu’une ou deux armEes forme-ront pour s’opposer ä plusieurs massesennemies, mais auxquelles on donne-

tin d(Rachement seulement parlirait du Bas-Rhin pour marcher sur le Meyn, tandis quecinq ou six autres corps marchcraienl du Haut-Rhin sur Ulm, ne formerait pas pour cela unedouble ligne d’opdrations dans le sens que jedonne ä ce mot pour dösigner une manoeuvre.De meme Napoleon, rdunissant sept corpspour marcher par Bamberg sur Gera, pendantque Morlicr, avec un corps seulement, mar-chait sur Cassel pour occuper la Hesse et flan-quer l’entreprise principale, ne formait bienqu’une ligne gdndrale d’opdralions avec un dd-tachement accessoire. La ligne territoriale se'composait de deux rayoos, mais roperationiddtait pas double.