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Tome cinqième.
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DB LA GBANDE TACTIQÜK ET DES BATAILLES. 90 t

eu cent occasions de m’assurer de lafausseiü de cette assertion. L’empe-jeur Alait Iui-mßme le vrai chef deson Alat-major: muni d’un compasouvert ä une Schelle de sept ä huitHeues en ligne directe (ce qui supposetoujours neuf ä dix Heues au moinspar les sinuositAs des routes), appuyA etquelquefois couchA sursa carte, oü lesposilions de ses corps d’armee et cellesprAsumAes de l’ennemi Ataient mar-quAes par des Apingles de differentescouleurs, il ordonnait ses mouvemensavec une assurance dont on auraitpeine ä se faire une juste idAe. Prome-nantson compas avec vivacitd sur cettecarte, il jugeait en un clin—d’oeil lenombre de marches nöcessaires ä cha-cuu de ces corps pour arriver au pointoü il voulait l’avoir a jour nommd;puis plagant ses dpingles dans ces nou-veaux sites, et combinant la vitesse dela marche qu’il faudrait assigncr ä cha-cune des colonnes, avec l’dpoque pos-sible de leur depart, il dictait ces ins-tructions qui, ä eiles seules, seraientun titre de gloire.

G’est ainsi qu’en 1806, Ney venantdes bords du lac de Constance , Lannes,de la llaule-Souabe, Soult et Davoust,de la Baviere et du Palatinat , Berna-dotte et Augereau, de la Franconie ,et la garde impdriale arrivant de Pa-ris , se trouverent en ligne sur troisroutes paraildles debouchant a lamdme hauteur, entre Saalfeld , Geraet Plauen , quand personne dans l’ar-mde, ni en Allemagne , ne concevaitrien ä ces mouvemens en apparence sicompliquAs (1).

De mdme en 1815, quand Blücher cantonnait entre la Sambre et le Rhin ,

(1) J’en exrepte toutefois lc petit nombred’officiers capables de les pSndtrer par anatogieave c les prdcddens.

et que lord Wellington donnait ou re-cevait des fdtes a Bruxelles , attendantTun et l’autre le Signal d’envahir laFrance , Napoldon, que Ton croyait aParis tout occupA de ceremonies poli-tiques d’apparat, accompagn£ de sagarde, qui venait ä peine de se refor-mer dans la capitale, fondait commel’eclair sur Charleroi et sur les quar-tiers de Blücher , avec des colonnesconvergeant de tous les points de l’ho-rizon pour arriver, avec une rare ponc-tualite, le li juin dans les plaines deBeaumont, sur les bords de la Sambre.(Napoleon n’etait parti que le 12 deParis .)

La combinaison de ces deux opdra-tions reposait sur un habile calcul stra-tegique, mais leur execution fut in-contestablement un chef-d’ceuvre delogislique. Pour faire juger le mdritede pareilles mesures, je rapporterai,en Opposition avecelles, deux circons-tances oü des fautes de logistique fail-lirent devenir fatales. Napoleon , rap-pele d’Espagne en 1809, par les ar-memens de l’Autriche , efccrtain d’a-voir la guerre avec cette puissance,depücha Berthier en Bavi&re, avec lamission dülicate de rassembler l’ar-mee, loute disseminüe depuis Braunau jusqu’ä Strasbourg et Erfurt . Davoustrevenait de cette ville, Oudinot deFrancfort ; Massüna, en route pourl’Espagne, rütrogradait pur Strasbourg sur Ulm ; les Saxons, les Bavarois etles Wurtembergeois quittaient leurspays respedifs. Des distances immen-ses separaient ainsi ces corps, et lesAutrichiens, reunis depuis long-temps,pouvaient aisement percer cette toiled’araignüe et en detruire ou disperserles lambeaux. Napoleon , justement in-quiet, ordonna a Berthier de rassem-bler l’armee ä Ratisbonne , si la guerren’etait pas commencie a son arrivee;