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Tome sixième.
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MEMOMES DE

4° que chaque puissance a le droit deconvoyer les bätimens marchands, etque, dans ce cas, la declaration ducommandant du bätiment de guerreest süffisante, pour justifier le pavil-lon et la cargaison des bätimens con-voyös; 5° enßn, qu’un port n’est blo-quö par une escadre, que lorsqu'il y adanger evident d'y eutrer, mais qu’unbätiment neutre ne pourrait ötre em-pöchö d'entrer dans un port prüce-demment bloque par une force, quine serait plus presente devant le port,au moment oü le bätiment se prüsen-terait, quelle que füt la cause de l’e-loignement de la force qui bloquait,oit qu’elle provint des vents ou dubesoin de se reapprovisionner.

Cette neutralitü du Nord fut signi-fiäe aux puissances belligöranles, le 15aoüt 1780. La France et l’Espagne ,dont eile consacrait les principes,s’empresserent d’y adherer. L’Angle-terre seule töinoigna son extröme de-plaisir; mais, n’osant pas braver lanouvelle confederation, eile se con-tenta de se relächer, dans l’execution,de toutes ses pretentions, et ne donnalieu ä aucune plainte de la part despuissances neutres confederees. Ainsi,par cette nonmise ä cxccution de sesprincipes, elie y renonga reellement.Quiuze mois apres, la paix de 1783mit lin ä la guerre maritime.

§ IV.

La guerre entre la France et l’An-gleterre commenga en 1793. L’Angle-terre devint bientöt l’äme de la pre-miere coalition. Dans le temps que lesarmöes autrichienne, prussienne, es-pagnole et piemontaise envaliissaientnos l'rontieres, eile employait tous lesmoyens pour arrivcr ä la ruine de noscolonies. La pvise de Toulon , ou notre

NAPOLEON

escadre fut brülee, le soulevement desprovinces de l’Ouest, oü perit un sigrand nombre de marins, anöantirentnotre marine. L’Angleterre alors nemit plus de bornes ä son ambition.Desormais, preponderante sur meret sans rivale, eile crut le momentarrivö oü eile pourrait, sans danger,proclamer l’asservissement des mers.Elle reprit les pretentions auxquelleseile avait tacitement renoncö dans laguerre de 1780, savoir : 1° que lesmarchandises propres ä la constructiondes vaisseaux, sontdecontrebande; 2°que les neutres n’ont pas le droit defaire convoyer leurs bätimens de com-merce; ou dumoins que la düclarationdu commandant de l’escorte n’öte pasle droit de Visite; 3° qu’une place estbloquöe, non seulemcnt par la prö-sence d’une escadre, mais möme lors-que l’escadre est eloignee de devant leport, par les tempötes ou par le besoinde faire de I’eau, etc. Elle alla plusloin , et mit en avant ces trois nouvel-les prötentions : 1° que le pavillon necouvre pas la marchandise, que lamarchandise et la propriötö cnnemiessontconliscables sur un bätiment neu-tre; 2" qu’un bätiment neutre n’a pasle droit de faire le commerce dela colonie avec la mötropole; 3° qu’unbätiment neutre peut bien entrer dansun port ennemi, mais non pas allerd’un port ennemi ä un port ennemi-

Legouvernementd’Amüriquevoyantla puissance maritime de la Franceaneantie, et craignant pour lui rin"fluence du parti fran^ais qui se com"posait des hommes les plus exagörös.jugea neccssaire ä sa Conservation, d ese rapprocher de l’Angleterre, etreconnut tout ce que cette puissancevoulut lui prescrire, pour nuire etgö'ner le commerce fraiifais.

Les altercations cnlre la France et