Band 
Tome sixième.
Seite
174
JPEG-Download
 

174

MEMOIRES DE NAPOLEON .

Le 29 mars, le prince de Hesse ,commandant les troupes danoises, en-tra da ns Ilarabourg, afin d’intercepterl’Elbe au commerce anglais . Dans laproclamation de ce general, le Dane-marck se fonde sur la noeessite deprendre tous les moyeus qui peuventnuire a 1’AngIeterre, et l'obiiger ä res-peeter enfin les droits des nalions, etsurtout ceux des neutres.

De son cöte le cabinet de Berlin fitprendre possession du Hanovre , etferma ainsi aux Anglais les bouches del’Eros et du Weser. Le gendral prus-sien, dans son manifeste, motive cellemesure sur les outrages dont les An-glais abreuvent constainment les na-tions neutres, sur les perles qu’ilsleurfont supporter, enfin sur les nouveauxdroits maritimes que l’Angleterre pre-tend faire reconnaitre.

Une convention eut lieu, le 3 avril,entre la regence et les minislres prus-siens, par laquelle l’armee hanovrien-ne fut licenciee, et les places livreesaux troupes prussiennes. La regences’engageait, de plus, a obeir aux auto-rites decette nation. Ainsi le roi d’An-gleterre avait perdu ses ütats d’IIano-vre; mais ce qui etait d’uue plus gründeconsequence pour lui, la Baltique ,l’Elbe , le Weser, l’Ems, lui etaientfermes comrae la Ilollande, la France et l'Espagne . C’ülait un coup terribleporte au commerce des Anglais , etdont les elfets etaient tels, que saprorogation scule les eüt obliges derenoncer ä leur Systeme.

Cependant les puissances maritimesdu nord armaient avec activite. Douzcvaisscaux delignerusses etaient mouil-les a Kevcl, sept autres suddois etaientprCts ä Carlscrona; ce qui, joint ä unpareil nombre de vaisscaux danois ,eüt form6 une Hotte combinee de\ingGdeux a viugt-qualre vaisseaux, de

ligne, qui aurait eie successivementaugmentee, les trois puissances pou-vant la porter jusqu’a trente-six etquaranle vaisseaux.

Quelquc grandes que fussent lesforces navales de l’Angleterre, unepareille flotte etait respectable. L’An-gleterre etait obligde d’avoir une esca-dre danslaMedilerranee, pour empö-cher la France d’envoyer desforcesenEgypte , et pour proteger le commerceanglais . Le desastre d’Aboukir etait enparlie röpare , et il y avait, en rade äToulon , une escadrc de plusicurs vais-seaux. Les Anglais se trouvaient ega-lement forces d’avoir une escadre de-vant Cadix , pour observer les vaisseauxespagnols , et empöcher les divisionsfrarqiaises de passer le detroit. Uneflotte franfaisc et espagnole etait dansBrest . II leur fallait en outre une esca-dre devant le Texel; mais au commen-cement d’avril, les floltesrusse, danoiseet suedoise n’etaient pas encore reu-nies, quoiqu’elles eussent pu l’ütre aueommencement de mars. C’est sur ceretard que le gouvernement anglais basa son plan d’operation pour atta-quer successivement les trois puissan-ces maritimes de la Baltique , en por-tant d’abord tous ses elforls sur le Da-nemarck, et obligeant cette puissanceä renoncer k la convention du 16 dd-cembre 1800, et a recevoir les vaisseauxanglais dans ses ports.

§X.

Une flotte anglaise forte de cinquantevoiles, dontdix-sept vaisscaux de ligne,sous le commandcment des amirauxParker et Nelson, partit d’Yarmouth le 12 mars; eile avait mille hommesde troupes de debarquement. Le 15,eile essuya une violente tempöte, quila dispersa. Un vaisseau de 74 (hvinci’