182 JWläMOIRES DE NAPOLEON.
dant l’hiver, il serait possible d’arriverä unc pacitieation generale; que, si lacour de Russie etait decidäe, commeil paraissait par les dömarches dejäfaites, a conclure la paix, il fallait aumoins ne faire que des sacrilices tem-poraires, mais se garder d’altcrer enrien les principes reconnus sur lesdroits des neutres et l’independancedes mers; que dejä le Danemarck,menace par une escadre nombreuse,et luttant seul contre eile, avait, aumois d’aoüt de l’annöe dernierc, con-senti ä ne point convoyer ses bätimens,jusqu’ä ce que cette affaire eüt ete dis-cutee; que la Russie pourrait suivrela müme marche, gagner du temps enconcluant des preliminaires et en re-non^ant au droit de convoyer, jusqu’äce qu’on eüt trouve des moyens defi-nitifs de conciliation.
Ces raisonnemens, exprimäs dansplusieurs notes, avaient paru faire del’effet sur le jeune empereur. Mais ilätait lui-möme sous l’influencc d’unparti qui avait commis un grand crime,et qui, pour faire di Version, voulait,ä quelque prix que ce füt, faire jouirla Raltique des bienfails de la paix,afin de rendre plus odieuse la memoi-re de leur victime et de donner lechange ä l’opinion.
L’Europe vit avec etonnement letraite ignominieux que signa la Rus-sie , et que, par contre, dürentadopterJe Danemarck ct la Suede . 11 äquiva-lait ä une declaration de l’esclavagcdes mers, ct ä la proclamation de lasouverainetä du parlement brilanni-que. Ce traitü fut tel, que l’Angletcrren’avait rien ä souhaiter de plus, ctqu’une puissance du troisieme ordreeüt rougi de le signer. II causa d’au-tant plus de surprisc, que l’Augletorre,dans l’embarras oü eile se trouvait, sefüt contentee de toute autre Conven -
tion, qui l’en eüt tiree. Enfin la Rus -sie eut la lioute, qui lui sera äternelle-ment reprochee, d’avoir consenti lapremierc au deshonneur de son pa-villon. Il y fut dit: 1° que le pavillonne couvrait plus la marchandise ; quela proprietü ennemie etait confiscablesur un bätiment neutre; 2° que lesbätimens neutres convoyes seraientägalement soumis ä la Visite des croi-seurs ennemis, liormis par les corsai-res et les armateurs; ce qui, loin d’ß-tre une concession faite par l’Angle-terre, ätait dans ses intöröts et de-mandü par eile : car les Franpais,ütant infericurs en force, ne parcou-raient plus les mers qu’avec des cor-saircs.
Ainsi remperour Alexandre consen-tit ä ce qu’une de ses escadres de cinqä six vaisseaux de 74, escortant unconvoi, füt detournee de sa route,perdit plusieurs heures, et soufl'ritqu’un brick anglais lui cnlevät unepartie de ses bätimens convoyes. Ledroit de blocus sc trouva seul bien de-fini; les Anglais altachaient peu d’im-portance ä empücher les neutres d’en-trer dans un port, lorsqu’ils avaient ledroit de les arrüter partout, en decla-rant que la cargaison appartenait cntout ou en partie ä un nügociant enne-mi. La Russie voulut faire valoir,comme une concession cn sa faveur,que les munitions navales n’ätaientpas coinpriscs parmi les objets decontrebande ! Mais il n’y a plus de con-trebande, lorsque tout peut le devenirpar la suspicion du propriütaire, ettoutest contrebande, quand le pavil-lon ne couvre plus la marchandise.
Nous avons dit dans ce chapitre, queles principes des droits des neutressont : 1° que le pavillon couvrc lamarchandise; 2" que le droit de visilene consistcqu’ä assurer du pavillon, ct