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Tome sixième.
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18V MEMOIKES DE NAPOLEON.

binctde Saint-Jamcs, fut que tous cespreparatifs se dirigeaient contre l’An-gleterre ct 1’Irlande, et que la France voulait proüter de la paix, qui venaitd’ötre rötablie sur le continent, pourterminer cette longue lutte par uneguerre corps a corps. Ce cabinet pen-saitque les armemens, quiavaient licuen Italie , ne se faisaient que pourdonuer lc change; que la flotte deToulon passerait le detroit, opüreraitsa jonction avec la flotte espagnole äCadix ; qu’elles arriveraient ensembledevant Brest , et conduiraient une ar-mce en Angleterre et une autre enIrlande . Dans cette incertitude, l’ami-raute anglaise se contcnta d’cquiper,en toute häte, une nouvelle escadre;et aussitöt qu’elle apprit que Napo-leon etait parti de Toulon , eile expü-dia l’amiral Roger avec dix vaisscauxde guerre, pour renforcer l’escadreanglaise devant Cadix , oücommandait'l’amiral lord Saint-Vincent, qui, parcerenfort, se trouva avoir une escadrede vingl-huil ä trente vaisscaux. Uneautre d’egale force etait devant llrest.

L’amiral Saint-Vincent tenait, dansla Mediterranee, une escadre legerede trois vaisseaux, qui croisait entrcles cötes d’Espagne , de Provence etde Sardaigne , afin de recueillir desrenseignemens, et de surveiller cettemer. Le 24. mai, il detacha dix vais-seaux de devant Cadix , ct les envoyadans la Mediteranee, avec ordre desereuniräceux que commandait Nelson,et de lui former ainsi une flotte detreize vaisseaux, pour bioquer Toulon,ou suivre l’escadre frangaise, si eileen etait sortie. Lord Saint-Vincentresta devant Cadix avec dix-huit vai-seaux pour surveiller la flotte espa-gnole, dans la crainte surtout que cellede Toulon ifcchnppAt a Nelson ct ncpassAt le d£»t »ii.

Dans les instructions que cet amiralenvoyait ä Nelson, et qui ont etö im-primües, on voit qu’il avait tout prevu,exceptöune expddition contrel’Egypte .Le cas oü l’expüdition franpaise iraitsoit au Brüsil, soit dans la mer Noire ,soit ä Constantinople , etait indique.Plus de cent cinquante mille hommescampaient sur les cötes de l’Ocean ; cequi prodnisit des mouvemens et desalarmes continuels dans toute 1’Angle-terre.

§ n.

Nelson, avec les trois vaisseaux de-taches de lord Saint-Vincent, croisaitentre la Corse, la Provence et l’Es-pagne, lorsque, dans la nuit du 19mai, il essuya un coup de vent, quiendommagea ses vaisseaux, et demätacelui qu’il montait. Il fut oblige de sefaire remorquer. II voulait mouillerdans le golfe d’Ostand, en Sardaigne ;mais il ne put y parvenir, et gagnala rade des iles Saint-Pierrc, oü il re-para ses avaries.

Dans cette möme nuit du 19, l’esca-dre frangaise appareilla de Toulon ;lelOjuin, eile arriva devant Malte,apres avoir double le cap Corse et lecap llonara. Nelson ayant ete joint parles dix vaisseaux de lord Saint-Vincent,et ayant rec-u le commandement decette escadre, croisait devant Toulon ,le 1" juin. Il ignorait alors que l’es-cadrc francaise en fut sortie. Il vint,le 15, reconnaltre la rade de TagbVmon, sur les cötes de Toscane , qu’dsupposait ülre le remlez-vous de l’ex-pedilion francaisc, 11 parut, le 20, de-vant Naples . La, il apprit du gouver-nement que l’escadre fran^aise avai^debarque a Malte, et(iue l’ambassadeur<1(! la röpublique, C.arat avait laisseentendre que Texpedition etait desti^