BATAILLE NAV/
au jour; et Ton pouvait encore espererks plus heureux resultats de l’attaque*le cinq bons vaisseaux, qui n’avaientßncore tire ni repu aucun coup de ca-uon. Mais, ä onze heures, le feu prita l Orient , et ce bätiment sauta enlair. Cet accident imprevu ddcida dela victoire. Son epouvantable explo-s >on suspendit, pendant un quart-d’heure, le combat. Notre ligne recom-öienci) le feu, sans se laisser abattrePar ce cruel spectacle. Le Francltlin, leLonnant, le Peuple souverain, le Spar-tiale, l'Aqmlon, soutinrent le feu jus-qu’ä trois heures du matm. De trois ätinq heures, il se ralentit de part etd’autre. Entre cinq et six heures, ilredoubla et devint terrible. Qu’eüt-ces i l'Orient n’avait point sautd?Enßn, ä midi, le combat durait en-core, et ne se termina qu’a deux heu-res. Ge tut alors seulemeut que Yille-ueuve parut se reveiller et s’aperce-voir que l’on se battait depuis vingtheures. Il coupa ses cäbles et prit lelarge, emmenant le Guillaume- Teilqu’il montait, le Ginereux et les fre-gates la Diane et la Justice. Les troisautres vaisseaux de son aile sc jeterentä la cöte saus se battre. Ainsi, malgrele terrible accident de VOrient, malgrdla singuliere inertie de Yilleneuve,qui empöcha cinq vaisseaux de tirer unseul coup de canon, la perte et le de-sotdre des Anglais furent te!s que,vingt-quatre heures apres la bataille,le pavillon tricolore flottait encore surle 2’onnant ; Nelson n’avait plus aucunvaisseau en (Hat de l’attaquer. Nonseuloment Guillaume-Teil et le Gene-reux , ne furent suivis par aucun vais-seau anglais , mais encore les ennemis,dans l’dtat de dfelabrement oü ilsetaient, les virent partir avec plaisir.L’amiral Brueis defendit avec opiniü-trete Vhouneur du pavillon fran^ais ■,
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plusieurs fois blessd, il ne voulut pciatdescendre ä l’ambulance. Il mourutsur son baue de quart, en donnant desordres. Casablanca , Thevenard et duPetit-Thouars acquirent de la gloiredans cette malheureuse journde. Lecontre-amiral Yilleneuve, au dire deNelson et des Anglais , pouvait deciderla victoire, mßme apres l’accident del’Orient. A minuit encore, s’il eut ap-pareilld et pris part au combat avecles vaisseaux de son aile, il pouvaitandantir l’escadre anglaise; mais ilresta paisible spectateur du combat lLe contre-amiral Villeneuve etantbrave et bon marin, on se demande laraison de cette singuliere conduite? 11attendait des ordres!... On assure qnel’amiral franpais lui donna celui d’ap-pareiller, et que la fumöe l’empfichade l’appercevoir. Mais fallait-il doncnn ordre pour prendre part au combatet secourir ses camarades?...
L’Orient a saute ä onze heures; de-puis ce temps, jusqu’a deux heuresaprds midi, c’est-ä-dire pendant treizeheures, on s’est battu. C’dtait alorsVilleneuve qui eommandait; pourquoidonc n’a-t-il rien fait? Yilleneuveetait d’un caractöre irrdsolu et sansvigueur.
§ix.
Les dquipages des trois vaisseauxqui s’dchouerent, et des deux fregates,debarquerent sur la plage d’Aboukir.Une centaine d’hommes se sauverentd cYOrient, et un grand nombre dematelots des autres vaisseaux se refu-giörent ä terre, au moment oü 1’afTaire6tait decidüe, en profitant du ddsordredes ennemis. L’armdese recruta par-lade trois mille cinq cents hommes; onen forma une 16gion nautique fortede trois bataillons, et qui fut portäe