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Tome sixième.
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19G Mi;MOIItES 1)E NAPOLEON.

tdger les edles de la chretiente contre lespirates d'AIger, Maroc, Tunis et Tripoli ,l’ordre eüt rnieux meritd, ä Malte, de lachretiente que dans la guerre de Sjrio etdes croisadcs. II pouyait entretenir une es-cadre de huit ä dix vaisseaux de 74, et unedouzaine de bonnes fregates et corvettes, eteüt pu bloqucr constamment Algcr, etc., etcontenir Maroc . II est hors de doute que cesbarbaresques auraient cessd leurs pirate-ries, et so seraient contentes des gains ducommerce et de la cultuie du pays.

Malte aurait alors etc peuple par desvieillards, dont la vie se scrait passee aumelier de la guerre, et par une nombreusejeunesse aguerrie. Mais, au licu de cela, lesChevaliers s’imaginereut, ä l’excmple desautres moines, que tant de biens ne leuravaient ete donnes que pour leur bien-etreparticulier. II y eut, par toute la chretiente,des baillis, commandcurs, etc., qui ein-ployercnt les richesscs de l’ordre ä soute-nir an dtat de maison, oii regnaient leluxe et toutes les commoditds de la vio. Ilsen employaicnt le surplus ä cnrichir leursfarailles. Les moines au moins disaientdesinesses, preebaient et administraient les sa-cremens, ils cultivaient la vigne du Sei-gneur ; mais les Chevaliers ne faisaient riende lout cela. Ainsi ces immenses proprietdstournerent au profil de quelques iudividus,et devinrent un debouche pour les cadctsdes grandes tamilles. De tant de revenus,peu de cbose arrivait a Malte, et les Cheva-liers, qui etaient lenus de sdjourner deuxans dans cctte Ile pour leurs caravanes, yvivaient dans des auberges qui portaient lenom de leur natiou, et y etaient avec peud’aisance.

L'ordre n’avait pas d’escadre; sculcmcntquatre ä cinq galeres continuaient ä se pro-mener dans la Mediterranen tous les ans,allant mouiller dans les porls d'Italio, etdvitant les barbaresques. Ces ridicules pro-menades , sur des bülimens qui n’dtaientplus propres a combattre contre les fregateset les gros conaires d’AIger, avaient pourresullat de douner quelques fdtes et balsdans les porls de Livourne, de Naples et deSardaigne . II n’y avait, i Malte, aucunchantier de construction, aucun arsenal. IIa’y trouvait cepondant un mauvais vaisscaude <!4 et deux frdgales, qui ne sortaieut ja-

mais. Les jeunes Chevaliers faisaient lenrscaravaucs sans tirer un seul coup de Ca-non , ni de fusil, sans avoir vu un en-nemi. Lors de la revolution, quand les biensdes moines furent decretes nationaux, le-gislation qui gagna l’Italie ä mesure quel’administration francaiso s’y etendit, il n’yeut aucune rcclamation en faveur do 1’ot-dre , mdme do la part des ports de mer,Genes , Livourne , Malte. Il y en eut pluspour les chartreux"^ benedictins, domini-cains, que pour cet ordre de chevalerie quine rendait aucun Service.

On a poino ä comprendre comment lespapes, qui etaient les superieurs de cet or-dre, et les conservateurs naturels de sesStatuts, qui en etaient les reformateurs, quietaient d’autant plus interesses a le main-tenir, que leurs cötes etaient exposees auxpirates; on a peine a compTendre, disons-nous, comment ils n’ont pastenula main äce que cet ordre remplit sa destination.Rien ne montre mieux la decadeuce oiictait tombeo la cour de Rome elle-meme.

NOTE SUR ALEXANDRIE

Alexandrie a ete bätie par Alexandre.Elle s’ctait accrue sous les Flolemee, aupoint de donncr de la jalousie d Rome . Elledtait sans contredit la deuxieme ville dumonde. Sa population s’elevait a plusieursraillions. Au vit° siede, olle fut prise parAmroug, dans la premiere annee de l’he-gire, apres un sidge de 14 rnois. Les Arabcsy perdirent vingt-huit mille hommes. Soucnccintc avait douze millcs de tour; eile contcnait quatre mille palais, quatre miH®bains, quatre cenls theätres, dou/.e milleboutiques, plus de cinquante mille Juift-L’enceinlo lut rasee dans les guerres desArabcs et do l’empire romain. Cetto vilfe.depuis, a toujours ete en decadence. Le®Arabus letablircnt une nouvelle enceinte.c’cst cclle qui existe encore; eile n’a ph'Sque trois mille toises de tour, ce qui sup'Pose encore une grande ville. La eite estmaintenant toute sur l’isthme. Le pharen’estplus une Ile ; sur l’isthme, qui le joint auconlincnt, est la ville actuelle. Elle est fe r 'me« par une muraille qui barre l’islhme, e*n’a que six cents toises. Elle a deux hd lS