et l’Afrique , ä portäe des Indes et del’Europe . Son port est le seul mouil-lage des cinq cents lieues de cötesqui s’ätendent depuis Tunis , ou l’an-cienne Carthage, jusqu’ä Alexan-drette; il est ä l’une des anciennesembouchures du Nil . Toutes les esca-dres de l'univers pourraient y mouil-ler ; et, dans Ie vieux port, elles sontä I’abri des vcnts et de loutc attnque.Des vaisseaux tirant vingt-un piedsd’eau y sont enträs sans difficnltä.Ceux du tirage de vingt-trois pieds,le pourraient; et avcc des travauxpeu considörables, on rendrait cettepasse facile, möme pour les vaisseauxä trois ponts. Le premier consul avaitfait construire a Toulon douze vais-seaux de 74, ne tirant que vingt-unpieds d’eau, d’apräs le syslöme an-glais; et l’on n’a pas eu ä se plain-dre de leur marche, lorsqu’ils ont na-vigue dans nos escadres. Seulemcntils sont moins propres au Service derinde, parce qu’ils ne peuvent por-ter qu’une plus faible quantitä d’cauet de provisions.
La dägradation des canaux du Nil empöche ses eaux d’arriver jusqu’äAlexandrie . Elles n’y viennent plusque du temps de l’inondation, et l’onest obligä d’avoir des citernes pourles conserver. A cötä du port de cetteville, est la rade d’Aboukir, que l’onpourrait rendre süre pour quelquesvaisseaux. Si l’on construisait un fortsurl’ile d’Aboukir, ilsyseraient commeau mouillage de l’ile d’Aix.
Rosette, Bourlos et Damiette nepeuvent recevoir que de petits bäti-mens, les barres n’ayant que six äsept pieds d’eau. Peluse, El-Arich et(iaza n’ontjamais dä avoir de port;et les lacs Bourlos et Menzaelli, quicommuniquent avecla mer , ne pcr-mettent l’enträe qu’ä des bätimens
d’un tirant d’eau de six ä sept pieds.
Svi.
A l’äpoque de l’expädition d’E-gypte, il s’y trouvait trois racesd’hommcs; les Mamelucks ou Circas-siens , les Ottoraans , ou janissaires etspaliis, et les Arabes ou naturels dupays.
Ces trois races n’ont ni les mämesprincipes, ni les mämes mceurs, nila mörne langue. Elles n’ont de com-mun que la religion. La langue ha-bituelle des Mamelucks et des Otto-mans est le turc; les naturels p'arlentla langue arabe. A l’arriväe des Fran-(jnis, les Mamelucks gouvernaient lepays et possädaient les richesses etla force. Ils avaient pour chefs vingttrois beys, (:gaux cntre eux et indä-pendans ; car ils n’ätaient soumisqu’ä l’influencc de celui qui, par sontalent et sa bravoure, savait captivertous les suflrages.
La maison d’un bey se compose dequatre cents ä liuit Cents esclaves,tous ä clieval, et ayant chacun pourles servir, deux ou trois fellahs. Ilsont divers officiers pour le Serviced’honneur de leur maison. Les kat-cliefs sont les licutenans des beys; ilscommandent, sous eux, cette milice,et sont seigneurs des villages. Les beysont des terres dans les provinces etune habitation auCaire. Un corps-de-logis principal leursert de logement,ainsi qu’ä leur harem; autour descours sont ceux des esclaves, gardeset domestiques.
Les beys ne peuvent se recruterqu’cn Circassie. Les jeunes Circas-siens sont vendus par leurs mercs,ou voläs par des gens qui en font l cmätier, et vendus au Caire par le*marrhnnds de Constantinople . On