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Tome sixième.
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DE L’EGYPTE .

bittet quelquefois des noirs ou desOttomans ; mais ces exceptions sontrares.

Les esclaves faisant partie de laniaison d’un bey sont adoptes par lui,e I cornposent sa famille. Intelligens et braves, ils s’dlevent suceessivementgrade en grade, et parviennent äcelui de katchef et möme de bey.

Les Mamelucks ont peu d’enfans, eteeiix qu’ils ont, ne vivent pas aussiI° n g-temps que les naturels du pays.II est rare qu’ils se soient propages au-d61ä de la troisieme gönöration. On avoulu attribuer la sterilite des maria-

ges d es Mamelucks ä leur goüt antiPhysique. Les femmes arabes songrosses, lourdes; eiles affectent de 1Qrollesse, peuvent ä peine marcher, crestentdesjours entiers immobiles sutrn divan. Un jeune Mameluck dffUatorze ä quinze ans, leste, agile, d<ployant beaucoup d’adresse et de grAces en exergant un beau coursier, cxctelcs sens d’une maniere differente,est constant, que tous les beys, les kachefs, avaient d’abord servi aux plaisirs de leurs maitres, et que leurs jolesclaves leur servaient d leur toureux-mömes ne le dßsavouent pas.

On a accuse les Grecs et les Romairdu möme vice. l)c toutes les nationscelle qui donne le moins dans cctlinclination monstrueuse, est, saicontredit, la nation fran$aise. On eattribuc la raison ä ce que, de toute;il n’en est aucune chez laquclle bfemmes cliarment davantage par leitadle svelte, leur tournurc dleganUleur vivacitd et leurs grdees.

On pouvait compter en Egypte soixante ä soixante-dix mille indivi-dus de race circassienne.

Les Ottomans se sont dlablis enEgypte , lors de la conquöte par Selim,le seixierue siArie Us forment le j

corps des janissaires et spahis, et ont6td augmentds de tous les Ottomans inscrits dans des compagnies, selon l’u-sagedel’empire. Ils sont environ deuxcent mille, constamment avilis et humi-lies par les Mamelucks .

Les Arabes composent la masse dela population; ils ont pour chefs lesgrands scheiks, descendans de ceuxdes Arabes , qui, du temps du pro-phete, au commencement de l’hdgire,conquirent l’Egypte . II sont ä la fois ,les chefs de la noblesse et les docteursde la loi; ils ont des villages, un grandnombre d’esclaves, et ne vont jamaisque sur des mules. Les mosquöes sontsous leur inspection; celle de Jemil-Azar a seule soixante grands scheiks.C’est une espece de Sorbonne, quiprononce sur toutes les affaires de reli-gion, et sert möme d’universite. On yenseigne la Philosophie d’Aristote ,l’histoire et la morale du Koran ; eile est la plus renommde de l’Orient. Scsscheiks sont les principaux du pays :les Mamelucks les craignaient; la PortemAme avait des menagemens pourcux. On ne pouvait influer sur le payset le remuer que par eux. Quelques-uns descendent du prophöte, tel quele scheik El-B6kry; d’autres de ladeuxieme femme du prophete, tel quele scheik El-Sadda. Si le sultan de Cons-tantinople dtait au Caire , ä l’dpoquedes deux grandes fdtes de l’empire, illes celebrerait chez l’un de ces scheiks.C’cst assez faire connaitre la hauteconsideration qui les environne. Elleest teile , qu’il n’est aucun exemplequ’on leur ait infligd une peine infa-mante. Lorsque le gouvernement jugeindispensable d’en condamner un, ille fait empoisonner, et ses funöraillesse font avec tous les honneurs dus äson rang, et comme si sa mort avaitnaturelle.