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Tome sixième.
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20» MEM01KES DE NAPOLEON.

Tous lcs Arabes du descrt sont dela möme race que lcs scheiks, et lesvöncrcnt. Les fcllahs sont Arabes , nonque tous soient venus au commence-mcnt de l’hegire avec l’armöe qui con-quit l’ßgypte; on ne pense pas que,par la suite de !a conquöte, il s’cn soitelabli plus de eent mille. Mais comme,ä cette epoque, tous les indigenes em-brasserent la foi mahometane, ils sontconfondus de möme que les Francs etles Gaulois. Les scheiks sont les hom-mes de la loi et de la religion; les Ma-melucksetles janissaires sont les hom-mes de la force et du gouvernemcnt. Ladifference entrc eux est plus grandequ’elle ne Test en France entrc les mi-litaires et les prötres; car ce sont desfamilles et des races toul-ä-fait dis-tinctes.

Les Cophtes sont catholiques, maisne reconnaissent pas le pape; on encompte cent cinquante mille ä-pcu-presen Egypte . Ils y ont le libre exercice deleur religion. Ils descendent des famil-les qui, apres la conquöte des califes,sont restees chrötiennes. Les catholi-ques Syriens sont peu nombreux. Lesuns veulent qu’ils soient les descen-dans des croises; les autres, que cesoient des originaires du pays, chrö-tiens au moment de la conquöte,comme les Cophtes , et qui ont con-serve des differences dans la religion.C’est une autre secle catholique. II y apeu de Juifs et deGrecs. Ccs derniersont. pour chef le patriarchc d’AIexan-drie, qui se croit ögal ä celui de Cons-tantinople et superieur au pape. II de-meure dans un couvent, au vieux Cai-re, et a rcxistence d’un chef d’ordrereligieux de l’Europe , qui auraittrentemille livres de reute. Les Francs sontpeu nombreux : ce sont des famillesanglaiscs, franpaises, cspagnoles ouihiliemics, etablics dans ce pays pour

le commerce, ou simpiement descommissiounaires de maisons euro-pöennes.

§ VII.

Les döserts sont habites par des tri—bus d’Arabes errans, vivant sous destentes. On en compte environ soixan-le, toutes döpendantes de l’Egyple, etformant une population d’ä-peu-prescent vingt mille ömes, qui peutfournirdix-huit a vingt mille cavaliers. Ellesdominent les differentes parties desdöserts, qu’elles regardent commeleurs propriötes, et y possedent unegründe quantite de bestiaux, cha-meaux, chcvaux et brebis. Ces Arabesse font souvent la guerre entre eux,soit pour la demarcation des limilesde leurs tribus, soit pour le pacage deleurs bestiaux, soit pour tout autre ob-jet. Le descrt seul ne pourrait lesnourrir, car il ne s’y trouve rien. Ilspossedent des oasis qui, semblables ädes iles, ont, au milieu du dösert, del’cau doucc, de l’herbe et des arbres.Ils les cultivent et s’y refugient ä cer-taines öpoques de l’annee. Neanmoinsles Arabes sont en general miserables,et ont constamment besoin de l’Egyp-te. Ils vienncnt annuellement en culti-ver les lisieres, y vendent le produitde leurs troupeaux, louent leurs cha-mcaux pour les transports dans le dc-scrt, etemploientlebönöfice qu’ils rc-tirent de ce trafic, ä acheterles objetsqui leur sont nöcessaires. Les desertssont des plaines de sable, sans eau etsans vegötation, dont l’aspect monoto-ne n’est varie que par des mamelons.des monticules ou des rideauxde sable-Il est rare cependant d’y faire pl uSde vingt ä vingt-quatre lieues sanstrouver une source d’eau; mais ellessont peu abondantes, plus ou moii' ssauraötres, et exhalent presque toutes