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Tome sixième.
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DE L’EGYPTE .

«pp odeur nlealine. On trouve, da nsle desert, une grande quantitd d’osse-men s d’hommes et d’animaux, donton se sert pour faire du feu. On y voitaussi des gazelles et des troupeauxd autruches, qui ressemblent de loin ädes Arabes ä cheval.

H n’y existe aucune trace de che-les Arabes s’accoutument, des

1 enfance, ä s’y orienter par les sinuo-s 'tes des coUines ou rideaux de sable,P aT les accidens du terrain ou par lesa stres. Les vents ddplacent quelquefoisles monticules de sable mouvant, cehoi rend tres penible et souvent dan-gereuse la marclie dans le ddsert. Par-l'ois i e so i est femie; parfois il enfonces °as les pieds. II est rare de rencon-,r er des arbres, exceptd autour desPuits oü se trouvent quelques pal-^hers. 11 y a dans le ddsert des bas- |londs oü les eaux s’ecoulent et sejour-aent plus ou moins long-temps. Aupresde ces mares, naissent des brousssaillesd’un picd a dix-huit pouces de hau-teur, qui servent de nourriture auxcbaineaux; c’est la partie riche desdeserts. Queis que soient les desagre-mens de la marche dans ees sables, onest souvent oblige de les traverserpour communiquer du sud au nord del’Egypte ; suivre les sinuosites du coursdu Nil triplerait la distance.

S VIII.

II y a teile tribu d’Arabes de quinzcCents ä deux mille ümes, qui a troisCents cavaliers, quatorze cents clia-meaux, et occupe cent lieues carreesde terrain. Jadis ils redoutaient extre-mement les Mamelucks . Un seul deces derniers faisait fuir dix Arabes,parce que non seulement ils avaientsur eux une grande superiorite mili-l a 're, mais aussi une superiorite mo-

rale. Les Arabes d’ailieurs devaient lesmdnager, puisqu’ils en avaient besoinpour leur vendre ou louer leurschameaux, pour obtenir d’eux du grainet la liberte de cultiver la lisiere del’Egypte .

Si la position extraordinaire de l’E-gypte, qui ne peut devoir sa prospüritequ’ä l’dtendue de ses inondations, exi-ge une bonne administralion, la nd-cessitd de rdprimer vingt a trente millevoleurs, inddpendans de la justice,parce qu’ilsse refugient dans l’immen-site du ddsert, n’exige pas moins uneadministration dnergique. Dans cesderniers temps, ils portaient l’audaceau point de venir piller des villagcs ettuer des fellahs sans que cela donnätlieu ä aucune poursuite reguliere. Unjour que Napoleon etait entourd du di-| van des grands scheiks, on l’informaque des Arabes de la tribu des Osna-dis avaient tud un fellah et enlevd destroupeaux; il en montra de l’indigna-tion et ordonna d’un ton animd, ä unoflicier d’dtat-major, de se rendre desuite dans le Bahireh avec deux centsdromadaires et trois cents cavaliers,pour obtenir rdparation et faire punirles coupables. Le scheik Eimodi, td-moin de cet ordre et de l’dmotion dugendral en chef, lui dit en riant: « Est-ce que ce fellah est ton cousin, pourque sa mort te mette taut en colere ?— Oui, repondit Napoleon, tous ceuxque je commande sont mes enfans.—Taib (a)\ lui dit le scheik, tu par-les lä comme le prophete. »

§ix.

L’Egypte a, de tous temps, excitdla jalousie des peuples qui ont domind

(a) Mot dont los Arabes se seTvent pourexpriiner une grande satisfaction,