I’univers. Octave, apres la mort d’An-toine, la reunit a l’cmpire. 11 ne voulutpoint y envoyer de proconsuls, et ladivisa en douze prelures. Antoine s’e-tait attire la haine des Romains, parccqu’il avait etö soupgonnö de vouloirfaire d’Alexandrie la capitale de larepublique. 11 est vraisemblable quel’Egypte , du temps d’Octave, conte-nait douze a quinzc cent mille habi-tans. Ses richesses etaient immenses ;eile etait le vrai canal du commercedes Indes, et Alexandrie , par sa Situa-tion , semblait appelee devenir lesiege de l’empire du monde. Mais di-vers obstacles empGcherent cette villede prendre tous ses devcloppcmens.Les Romains craignirent que l’espritnational des Arabes , peuple brave, en-durci aux fatigues et qui n’avait ni lamollesse des habitans d’Antioche , nicelle des habitans de l’Asie mineure,et dont rimmense cavalerie avait faittriomplier Annibal de llome, ne fit deleur pays un foyer de revoltc contrel’empire romain.
Selim avait bien plus de raisons en-corc de redouter i’Egypte . C’etait laterre sainte, c’dtait la mdlropole natu-relle de l’Arabic et le grenier de Cons-tantinople. Un paclia ambitieux, favo-ris6 par les circonstances et par ung<hiie audacieux, aurait pu relevcr lanalion arabe, faire pAlir les Otlomans,<16ja menaeüs par cette immense popu-lation grecque, qui forme la majoritede Conslantinople et des environs.Aussi Selim ne voulut-il pas conficr legouvernement de l’Egypte ä un seulpacha. 11 craignit mßme que la divi-sion en plusieurs pachaliks ne füt pasune garantie sullisante, et chercha äs’assurer la soumission de cette pro-vince, en conüant son administration ävingl-trois beys qui avaient chacunune maison compos^e de qualre cenls
& liuit cents esclaves. Ces esclaves de-vaient ötre leurs fils ou originaires deCircassie, niais jamais de l’Arabie nidu pays. Par ce moyen, il crea unemilicctout-ä-faitetrangere a l’Arabie .11 etablit en Egypte le Systeme generalde l’cmpire, des janissaires et des spa-bis, et mit ä la töte de ceux-ci un pa-cha qui rcpresentaitle grand-seigneur,avec une autorite sur toute la provin-ce comme vice-roi, mais qui, contenupar les Mamelucks , ne pouvait travail-ler a s’allranchir.
Les Mamelucks , ainsi appeles augouvernement de l’Egypte , cherche-rent des auxilliaires. Ils etaient tropignorans et trop peu nombreux pourexercer l’emploi de percepteurs deslinances; mais ils ne voulurent point leconfier aux naturels du pays, qu’ilscraignaient, par le meme espritde Ja-lousie qui portait le sultan a redouterles Arabes. Ils choisirent les Cophtes et les Juifs. Les Cophtes , sont, il estvrai, les naturels du pays, mais d’unereligion proscrite. Comme chretiens,ils sont hors de la protection du Ko-ran , et ne peuvent 6tre protegös quepar le sabre; ils ne devaient donecauser aucun ombrage aux Mame-lucks . Ainsi cette milice de dix ä douzemille cavaliers se donna pour agens,pour hommes d’afiaires, pour es-pions, etc., les deux cent mille Coph-tes qui habitent l’Egypte . Chaque vil-läge cut un percepteur cophte; toutela comptabilite, toute radminislrationfurent entre les mains des Cophtes .
La tolerance qui regne dans tout1’cmpire ottoman , et l’espece de pro-tection accordee aux chretiens, sontle rösultat d’anciennes vues. Le sul-tan et la politique de Constantinople aiment ä defendre une classe d’hom-mes dont ils n’ont rien ä craindre,parce que ces hommes formen t une