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Tome sixième.
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MEM01RES DE NAPOLEON .

dcpuis (leux Cents ans, il esl demontreque si le pouvoir, au lieu d’ötre contiöä douze mille Mamelucks , l’eüt ötö ää un pacha, qui, corame celui d’Alba-nie, se fütrecrutö dans le pays möme,l’empire arabe, compos6 d’une nationlout-a-fait distincte, qui a son esprit,ses prejugös, son histoire et son lan-gage ä part, qui embrasse l’Egypte ,l’Arabie et une partie de l’Afrique ,fut devcnu indcpendant comme celuide Maroc .

EGYPTE . — BATAILLE DES PYRA-M1DES.

Manche de l’armee sur le Caire . — Tristesscet plaintes des soldats. — Position et for-ces des ennemis. — Maneeuvro de l’arinöefrancaise. — Charge impelueiise de Mou-rad-bey, vepoussde. — Prise du camp re-tranclie. — Quartier-general franfais äGizch. — Prise de l’ilo de llodah. — Red-dition du Caire . — Deseription de cetteTille.

S 1 er -

Le soir du combat de Chebreiss(13 juillet 1798), l’armee fran<;aisc allacoucher ä Chabour. Cette journöeötait trös forte : on marcha en ordrede bataille et au pas accölere, dansl’esperance de couper quelques bAti-mens de la floltille ennemie. En eifet,les Mamelucks furent contraints d’enbrüler plusieurs. L’arinee bivouaquaä Chabour, sous de beaux sycomores,et trouva des champs pleins de paste-ques, espöce de melons d’eau qui for-ment une nourriture saine et rafrai-chissante. Jusqu’au Caire nous en ren-conträmes constamment, et le soldatexprimait combien ce fruit lui etaitagrdable, en le nommant, ä l’exempledes anciens Egyptiens , aainte pastique.

Le lemlemain, l’armee se mit enmarche fort tard; on s’elait procur<5quelques viandes qu’il fallait distri—buer. Nous attendimes notre flottille,qui ne pouvait remonter le courantavant que le vent du nord ne füt lev6;et nous couchämes ä Kouncherick. Lejour suivant, nous arrivämes ä Alkam.La, le g6n6ral Zayoncheck re^ut l’or-dre de mettre pied ä terre sur la rivedroite avec toute la cavalerie d6mon -tee, et de se porter sur Menouf et ä lapointe du Delta. Comme il ne s’y trou-vait aucun Arabe, il 6tait maitre detous ses mouvemens, et nous futd’un grand secours pour nous procu-rer des vivres. Il prit position ä latöte du Delta, dite le ventre de ia vache.

Le 17, l’armöe campa ä Abouno-cbabeck; le 18, ä Wardam. Wardamest un gros endroit; les troupes y bi-vouaquerent dans une grande forötde palmiers. Le soldat commenfait äconnaitre les usages du pays, et ä dö-terrer les lentilles et autres legumes,que les fellahs ont coutume de cacherdans la terre. Nous faisions de petitesmarches, en raison de la necessite oünous nous trouvions de nous procu-rer des subsistances, et afin d’ötre tou-jours en ötat de recevoir l’ennemi.Souvent, des dix heures du matin ,nous prenions position, et le premiersoin du soldat ötait de se baigner dansle Nil . De Wardam nous allämes cou-eher ä ümedinar, d’oü nous apere«'mes les Pyramides. A l’instant, toute»les lunettes furent braquöes contreces monumens les plus anciens dumonde. On les prendrait pour d’enor-mes masses de rochers; mais la regU"laritö et les lignes droites des arötesdöcelent la main des hommes. LesPi''ramides bordent l’horizon de la validesur la rive gauche du Nil .