ÜGYI'TE. — BATAILLE DES PYKAMIDES. 209
SH.
Nous approchions du Gaire, et nous^tions instruits, par les gens du pays,*l Ue les Mamelucks rfeunis ä la milicede cette ville, et äun nombre conside-rable d’Axabes, de janissaires, de spa-His, nous attendaient entre le Nil etles Pyramides, couvrant Gizeh . Ils seVantaient que la finiraient nos succös.
Nous fimes sejour ä Omedinar. Cejeur de repos servit ä röparer les ar-^es et ä nous preparer au combat. La^lancolie et la tristesse regnaientdans l’armee. Si les Hebreux, dans ledesert de YE garement, se plaignaientet demandaient avec humeur ;i Moise les oignons et les marmites pleines deAlande de l’Egypte , les soldats fran-fais regrettaient saus cesse les dölicesde Vltalie. C’est en vain qu’on leurassurait que le pays etait le plus fer-tile du monde, qu’il Vemportait mömes ür la Lombardie ; le moyen de lesPersuader! ils ne pouvaient avoir nipain ni vin. Nous campions sur des tasimmenses de bld, mais il n’y avaitdans le pays ni moulin, ni four. Lebiseuit apporte d’Alexandrie , etaitmange depuis long-temps; le soldatetait reduit ä piler le ble entre deuxpierres et ä faire des galettes cuitessous les cendres. Plusieurs grillaientle ble dans une poele, apres quoi ilsle faisaient bouillir. C’etait la meil-leure maniere de tirer parti du grain,mais tout cela n’etait pas du pain.Chaque jour, leurs craintes augmen-taient, au point qu’une foule d’entreeux disaient qu’il n’y avait pas degrande ville du Gaire-, que celle quiportait ce nom, dtait, comme Daman-bour, une vaste reunion de huttes,Privdes de tout ce qui peut ren-dre l a vie commode et agreable. Leur“Pagination etait tellement tourmen-VI.
tee, que deux dragons se j eieren t touthabilles dans le Nil et se noyerent. IIest vrai de dire pourtant que, si onn’avait ni pain, ni vin, les ressourcesqu’on se procurait avec du bld, deslentilles, de la viande et quelquefoisdes pigeons, fournissaient du moins äla nourriture de l’armee. Mais le maletait dans l’exaltalion des tfetes. Lesofficiers se plaignaient plus haut queles soldats, parce que le terme decomparaison dtait plus ä leur desa-vantage. Ils ne trouvaient pas enEgvpte les logemens, les bonnes tableset tout le luxe de l’Italie . Le generalen chef, voulant donner l’exemple,avait l’habitude de prendre son bi-vouac au milieu de l’arm6e et dans lesendroits les moins commodes. Per-sonne n’avait ni tente, ni provisions;le diner de Napoleon et de l’etat-ma-jor consistait dans un plat de lentilles.La soirce du soldat se passait en con-versations politiques, en raisonne-mens et en plaintes; Que sommes-nousvems faire ici? disaient les uns; le Di-rectoire nous a deportes. Cafarelli, di-saient les autres, est l’agent dont ons’est servi pour tromper le general enchef. Plusieurs s’dtant aperpus que par-tout oü il y avait des vestiges d’anli-quite, on les fouillait avec soin, se r6-pandaient en invectives contre les sa-vans, qui, pour faire leurs fouilles,avaient, disaient—ils, dorne l’idee del’expedition. Les quolibets pleuvaientsur eux, möme en leur prösence. Ilsappelaient un äne un savant, et di-saient de Cafarelli-Dufalga, en faisantallusion ä sa jambe de bois: Il se mo-que bien de cela, lut, il a un pied enFrance ; mais Dufalga et les savans netarderent pas ä reconquerir l’estimede ’W' r mee*
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