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Tome sixième.
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216 ME3I0IHES DE NAPOLEON .

Christ promet aux elus, cst de con-templer Dieu face ä face. Dans cettereligion, tont est pour amortir lessens, rien pour les exciter. La religionchretienne a ete trois ou quatre sie-cles ä s’etablir, ses progres ont btblents. II faut du temps pour detruire ,par la seule intluence de la parole,une religion consacrbe par le temps.II cn faut davantage quand la nou-velle ne sert et n’allume aucune pas-sion.

Les progres du christianisme l'urentle triomphe des Grecs sur les Ro-mains. Ces derniers avaient soumis,par la force des armes, toutes les r<5-publiqucs grecques; celles-ci domine-rent leurs vainqueurs par les Scienceset les arts. Toutes les bcoles de Philo-sophie , d’eloquencc, tous les ateliersde Rome etaient tenus par des Grecs.La jeunesse romaine ne croyait pasavoir terminb ses ötudes, si eile n’e-tait allee se perfectionner ä Athenes .Differentes circonstances favorise-rent encore la propagation de la reli-gion chrötienne. L’apotheose de Ce-sar et d’Auguste fut suivie de celle desplus abomi nables tyrans; cet abus depolytheisme rallia ä l’idbe d’un seulDieu creatcur et maitre de l’univers.Socrate avait dejä proclame cettegrande vbrite : le triomphe du chris-tianisme, qui la lui emprunta, fut,comme nous l’avons ditplus haut, unereaction des philosophes de la Grece sur leurs conquerans. Les saints peresötaicnt presque tous Grecs. La mo-rale qu’ils prbcherent fut celle dePlaton . Toute la subtilitb que l’on rc-marquc dans la theologie chretienne,est due ä l’esprit des sophistes de sonbcoie.

Les chretiens, a 1’cxemplc du pa-ganisme, crurent les rbcompenscsdune vie future insuflisanles pour

reprimer les desordres, les vices et lescrimes qui naissent des passions; ilsfirent un enfer tout physique avec despeines toutes corporelies. Ils eridie-rirent de beaucoup sur leurs modeles,et donnbrent möme d ce dogme tantde prbponderance, que l’on peut direavec raison que la religion du Christ est une menace.

§H.

L’islamisme estla religion d’un peu-ple dans l’enfance ; il naquit dans unpays pauvre et manquant des choscsles plus nbcessaires ä la vie. Mahomet aparle aux sens, il n’eüt point öte en-tendu par sa nation, s’il n’eut parlequ’ä l’esprit. Il promit ä ses sectateursdes bains odoriferans, des fleuves delait, des houris blanches aux yeuxnoirs, et l’ombre perpetuelle des bos-quets. L’Arabe, qui manquait d’eau et6tait brülb par un soleil ardent, sou-pirait pour l’ombrage et la fraicheur,et fit tout pour obtenir une pareillerbcompense. Ainsi l’on peut dire parOpposition au christianisme, que lareligion de Mahomet est une pro-messe.

L’islamisme attaque principalementles idolatres; il n'y a point d’autra Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophele :voilä le fondement de la religion mu-sulmane; c’etait, dans le point le plusesserttiel, consacrer la grande veritcannoncee par Moi’se et conlirmec parJesus-Christ. On sait que Mahomet avait 6te instruitpar des juifs et deschretiens. Ces derniers etaient une es-pecc d’idollUres ü ses yeux. Il enten-dait mal le mystbre de la trinitö , etl’cxpliquait comme la rcconnaissanccde trois dieux. Quoi qu’il en soit, hpersecuta les chrbliens avec hcaucoupmoins d acharnement que les paien*-