Band 
Tome sixième.
Seite
218
JPEG-Download
 

218

MEMOI'ltES DE NAPOLEON.

ce pays ötait cophte et fort söpare deConstantinople par les discussionsd’hörösie. Kaleb, Derar, Amroug, sur-nommös les glaives ou les epöes duprophete, n’eprouverent aucune re-sistance. Tout obstacle eüt ete inutile.Au milieu des assauts, au milieu desbatailles, ces guerriers voyaient deshouris au teint blanc et aux yeux bleusou noirs, couvertes de chapeaux dediamans, qui les appelaient et leurtendaient les bras; leurs ämes s’en-flammaient ä cette vue, ils s’elan?aienten aveugles et cherchaient la mortqui allait mettre ces beautes cnleur puissance. C’est ainsi qu’ils sesont rendus maltres des belles plainesde la Syrie , de l’Egypte et de laPerse, c’est ainsi qu’ils ont soumis lemonde.

§ IV.

Un prejuge bien röpandu et cepen-dant dömenti par l’histoire, c’cst queMaliomet etait ennemi des Sciences,des arts et de la littörature. On abcaucoup eite le mot du calife Omar,lorsqu’il fit brüler la bibliothequed’Alexandrie : « Si cette bibliotheque» renferme cc qui se trouve dans le» Koran , eile est fnutile ; si eile con-» tient autre chose, eile est dangc-» reuse. » Un pareil fait et bcaucoupd’autres de cette nature ne sauraientfaire oublier ce que l’on doit auxcalifes arabes. Us ötendirent con-stamment la sphere des connaissanceshumaines, et embellirent la soeiötepar les charmes de leur litterature. 11est possible nöanmoins que dans l’ori-gine, les successeurs de Maliometaient craint que les Arabes ne se lais-sassent amollir par les arls et lesSciences qui ötaient portös ä un sihaut point dans l'Egypte, la Syrie

et le Bas-Empire. Us avaient sousles yeux la decadence de l’empirede Constantin , due en partie a deperpetuelles discussions scolastiqueset tbeologiques. Peut-ötre ce specta-cle les avait-il indisposes contre laplupart des bibliotheques qui, dansle fait, contenaient cn majoritö deslivres de cette nature. Quoi qu’ilen soit, les Arabes ont öte pendantcinq cents ans la nation la plus eclai-riie du monde. G’est ä eux que nousdevons notre Systeme de nuntäration ,les orgues, les cadrans solaires, lespendules et les montres. Rien de plusölegant, de plus ingönieux, de plusmoral que la litterature persanne, et,en general, tout ce qui est sorti de laplume dps littörateurs de Bagdad etde Bassora .

Les empires ont moins de dureeen Asie que dans l’Europe , ce qu’onpeut atlribucr aux circonstances geo-graphiques. L’Asic est environneed’immenses döserts, d’oü s’elancenttous les trois ou quatre siecles despeuplades guerrieres, qui culbutentles plus vastes empires. De lä sontsortis les Ottomans , et dans la suitelesTamerlan et les Gengiskan.

II parait que les legislateurs souve-rains de ces peuplades se sont tou-jours attachös ä leur conserver desmeeurs nationales et une physionomieoriginaire. G’est ainsi qu’ils empöchö'rentque le janissaire d’ligypte ne de-vintarabe, que le janissaire d’Andrino-ple ne devint grec. Le principe adopt^par eux de s’opposer ä toute especed’innovation dans les habitudes et le smocurs, leur titproscrire les Sciences etles arts. Mais il ne faut attribucr cettemesurc ni aux prcccptes de Maliomet»ni ä la religion du Koran , ni au natu"rel arabe.