219
ä V.
Mahomet restreignit a quatre, lenotnbre des femmes que cliaque mu-& ffiman pouvait epouser. Aucun legis—lateur d’Orient n’en avait permis aussiPeu. On se demande pourquöi il nesu pprima point la polygamie, comme1 avait faitla religion chretienne; car ile stbien constant que le nombre desfemmes, en Orient, n’est nulle partsuperieur ä celui des hommes. Il dtaitOcmc naturel de n’en permettre qu’u-ne , afin que tous pussent en avoir.
C’est encore un sujet de mdditationffiie ce contraste cnlre l’Asie et l’Euro-Pe-Cheznous, les 16gistateurs n’autori-sentqu’uneseule femme; Grecs 011 llo-öiains, Gaulois ou Germains, Espa-g^ols ouBretons, tous enfin ont adop-16 cet usage. En Asie , au contraire,la polygamie fut constamment permi-se i Juifs ou Assyriens, Tartares ouEersans, Egyptiens ou Turcomans,
Pure nt toujours avoir plusieurs fem-mes.
Peut-etre baut—il cliercher la raisonde cette diffdrence dans la nature descirconstances gdographiques de l’Afri-que et de l’Asie . Ges pays etant habi-les par des hommes de plusieurs Cou-leurs, la polygamie est le seul moyend’empöcher qu’ils ne se persecutent.Les legislateurs ont pense que pourles blancs ne fussent pas ennemisdes noirs, les noirs des blancs, les cui-Vr es des uns et des autres, il fallait les^ire tous membres d’une m&me famil' e i et lütter ainsi contre ce penclianlde l’homme, de hair tout ce qui n’eslPas lui. lytahomet pensa que quatrefemmes btaient süffisantes pour attein-dre ce but, parce que chaque hommcP°uvait avoir une blanche, une noire,Un e cuivree et une femme d’une au-tre couleur, Sans doute il etait auss 1
dansla nature d’une religion sensuellede favoriser les passions de ses secta-teursjet encelala politique et le pro-phete ont puse trouver d’accord (a).
Lorsqu’on voudra dans nos coloniesdonner la liberte aux noirs et y eta-blir une egalitd parfaite, il faudra quele Iegislateur autorise la polygamie etpermette d’avoir ä la fois une femmeblanche, une noire et une mulätre.Des lors les differentes couleurs faisantpartie d’une möme famille seront con-fondues dans l’opinion de chacune;sans cela on n’obtiendra jamais des r£-sultats satisfaisans. Les noirs seront ouplus nombreux ou plus habiles, etalors ils tiendront les blancs dans l’a-baissement, et vice versa.
Par suite de ce principe general del’ögalite des couleurs, qu’a etabli lapolygamie, il n’y avait aucune diffe-rence entre les individus composant lamaison des Mamelucks . Un csclavenoir qu’un bey avait achete d’une ca-ravane d’Afrique, devenuit catcbef, etetait egal au beau Mameluck blanc,originaire de Circassie; et l’on nesoupconnait möme pas qu’il en pütötre autrement.
§ VI.
L’esclavage n’est pas et n’a jamaisete dans l’Orient ce qu’il fut en Euro-pe. Les mceurs sous ce rapport sontrestdes les mömes que celles de l’Ecri -
(a) On comprend difficilement la possilu-litc d’avoir quatre femmes, dans un pays obil n’y a pas plus de femmes que d’hoinmcs.C’est qu’eri realite, les onze douziemes de lapopulation n’cn ont qu’une, parce qu’ils nepeuvent on nourrir qu’une, parce qu’ils n’entronvent qu’uue. Mais cette confusion dosraces, des couleurs et des nations que pro-duit la polygamie, existant dans la tete desnations, est süffisante pour etablir l’unionet la parfaite egalite entre olles,