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Tome sixième.
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222 MEM01RES DE NAPOLEON .

tut d’Egyptc. — Travauvde la commis-siou des savans. — llöpitaiix, diversesmaladies, peste. — Lazarcts.— Travauxfaits au Caire. — Anecdote .

§ I er .

Les femmes en Orient vont voiliies;un morceau (le toile leur couvre lenez et surtout les levres, et ne laisscvoir que leurs yeux. Lorsque, par l’ef-fet d’un accident, quelques Egyptien -nes se sont trouvees surprises sansleur voile, et couvertes seulcment decette longue chemise bleue qui com-pose le vfitement des femmes de fel-lahs, eiles prenaient le bas de leurclicmise pour cacher leur figurc, ai-mant mieux decouvrir le milieu et lebas de leur corps.

Le gdieral en clief eut plusieursfois occasion d’observer quelques fem-mes des plus distinguees du pays, aux-quelles il accorda des audieuces. C’e-taient ou des veuves de beys ou dekatchefs, ou leurs epouses, qui, pen-dant leur abscnce, venaient implorcrsa protection. La richesse de leur ha-billement, la noblessc de leur demar-clte, de petites mains douces, debeaux yeux, un maintien noble et gra-cieux et des manieres tres elegantesdönotaient en dies des femmes d’unrang et d’une education au-dessus duvulgaire. Elles commengaient toujourspar baiser la main du sultan Kibir («),qu’elles portaient cnsuile a leur front,puis ä leur estomac. Plusieurs expri-maient leurs demandes avec une grAcoparfaite, un son de voix enelianteur,et ddveloppaient tous les talens, toutel’amdnitd des plus spirituelles Euro-pAennes. La decenee de leur main-tien, la modestie de leurs vötemensy

(a) Les Arabes designaient ainsi Napo-Won j le mot Kibir veut diro Grand.

ajoutaient des grAces nouvelles; etl’i-maginalion se plaisait a deviner descharmes qu’elles ne laissaient pasmöme entrevoir.

Les femmes sont sacrees chez lesOrientaux, ct dans les guerres intesti-nes on les 6pargne conslamment.Celles des Mamelueks conservcrcntleurs maisons au Caire , pendant queleurs maris faisaient la guerre auxFrangais. Napoleon envoya Eugene,son beau-fils, complimcnter la femmede Mourali-Bcy, qui avait sous ses or-dres une cinquantainc d’esclaves ap-partenant ä cc chef mameluck ct ä deskatchefs. C’etait une espece de cou-vent de religieuses dont eile etnit l’ab :besse. Elle regut Eugene sur son granddivan, dans le harem, oü il entra parexoeplion, et comme envoye du sultanKcbir. Toutes les femmes voulurcntvoir le jeune et joli Frangais, et lesesclaves eurent beaueoup de pcine äconlenir leur curiosite et leur impa-tience. L’6pousc de Mourali-Bcy etaitune femme de cinquante ans, et avaitla bcaute et les grAces que comportecet Age. Elle fit, suivant l’usage, ap-porter du cafe et des Sorbets dans detres riches Services et avec un appa-reil somplueux. Elle öta de son doigtune bague de mille louis qu’cllc donnaau jeune ofTicier. Souvcnt eile adressades redamations au general en chef,(jui lui conserva ses villagcs et la pro-tegea conslamment. On la regardaitcomme une femme d’un merile dis-tinguö. Les femmes passent de boniieheure en Egypte ; ct l’on y trouve plu sde bruncs que de blondes. Generale^ment, leur visagc cst un pou colore.ct elles ont une teintc de euivre. Lesplus helles sont des Grecques ou desCircassicnnes, dont les bazars des ne-gocians qui font cc commerce sonttoujours abondamment pourvus. I* ea