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Tome sixième.
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224 MEMOIRES DE NAPOLEON .

8 iv.

Lcs harnachemens de leurs chevauxsont extrömement elegans. La tenuede l’ütat-major frant;ais, quoique cou-vert d’or et ütalant tout le luxe del’Europe , leur paraissait mesquine, etetait ell'acee par la majestü de l’habil-lement oriental. Nos chapeaux, nosculottes ötroites, nos habits pincüs,nos cols qui nous ülranglent, ütaientpour eux un objet de risüe et d’aver-sion. Les Orientaux n’ont pas besoinde changer de costume pour monter ächeval; ils ne se servent point d’üpe-rons, et mettent leurs pieds dans delarges etriers qui leur rendent inutilesles bottes et la toilette speciale quenous sommes obligüs de faire pour cetexercice. Les Francs ou les chrütiensqui habitent l’Egypte , vont sur desmules ou sur des ünes, ä moins que cene soient des personnes d’un rang61ev6.

§ V.

L’architecture des Egyptiens ap-proche plus de celle de l’Asie que dela nötre. Les maisons ont toutes uneterrasse, sur laquelle on se promene;il y en a möme oü l’on prend desbains. Elles ont plusieurs ütages. Aurez-de-chaussee, est une espece deparloir oü le maitre de la maison re-Coit les ütrangers et donne ä manger.Au premier, est ordinairement le ha-rem, avec lequel on ne communiqueque par des escaliers dörobös. Le mai-tre a dans son appartement une petiteporte qui y conduit. D’autres petits es-caliers de ce genre sont pour le Servi-ce. On ne sait ce que c’est qu’un es-calier d’apparat.

Le harem consiste dans une grandesolle en forme de croix; vis-ä-vis regne

un corridor oü se trouvent un grandnombre de chambres. Autour du Sa-lon sont des divans plus ou moins ri-ches, et au milieu un petit bassin enmarbre d’oü s’üchappe un jet d’eau.Souvent ce sont des eaux de rose oud'autres essences qui en jaillissent etparfument l’appartcment. Toutes lesfenötres sont couvertes d’une especede jalousie en treillages. II n’y a pointde lits dans les maisons, les Orientauxcouchent sur des divans ou sur des ta-pis. Quand ils n’ont point d’ütrangers,ils mangent dans leur harem, ils ydorment et y passent leurs momensde repos. Aussitöt que le maitre arri-ve, les femmes s’empresscnt a le ser-vir; l’une lui presente sa pipe, l’autreson coussin, etc. Tout est lä pour leService du maitre-

Les jardins n’ont point d’allües,cesont des bcrceaux de gros arbres oül’on peut prendre lc frais et fumer as-sis. L’Egyptien , comme tous les Orien-taux , cmploie ü ce dernier passe-temps une grande partie de la jour-nüe; cela lui sert d’occupation et deContenance.

§ VI.

Les arts et les Sciences sont dansleur cnfance en Egypte . A Jemilazaron enseigne la Philosophie d’Aristote ,les regles de la langue arabe, l’ücri-ture et un peu d’arithmütique; on eX-plique et discute les dillerens cbapi"tres du Koran , et l’on montre la partiede l’histoire des califes, nüccssaif 0pour connaitre et juger les di(lerent eSsectes de l’islamisme. Du reste, l eSArabes ignorent complütement les a n "tiquitüs de leur pays, et leurs noli° nSsur la geograpbie et la sphüre sonjtres superficielles et tres fausses. Iy avait au Caire quelques astronoi» eS