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Tome sixième.
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244. MEM01UES DE NAPOLEON .

qu’il avait pris la redoute 6tait fondee,suivant les uns, sur ce qu’il attendaitl’arrivöe d’une armee.anglaise venantde Mahon; suivant les autres, sur ceque Mustapha avait refuse de marchersur Alexandrie , sans artillerie et sanscavalerie, sachant que cette place 6taitfortifiöe et armee d’une immense ar-tillerie ; qu’il attendait Mourah-Bey,qui devait lui amener plusieurs mil-liers d’hommes de cavalerie et plu-sieurs milliers de chameaux; que l’ar-mße turque ütait 6valu6e ä vingt ouvingt-cinq mille hommes; que l’onvoyait sur la plage une trentaine debouches ä feu, modele fran^ais, pa-reilles ä celles prises ä Jaffa ; qu’il n’a-vait aucun attelage; et que toute sacavalerie consistait en deux ou troisCents chevaux, appartenant aux ofli-ciers, que l’on avait formös en pelotonspour fournir des gardes aux postesavances.

Les 6v6nemens survenus ä Mou-rah-Bey deconcertaient tous les projetsde l’ennemi; les Arabes du Bahireh,parmi lesquels nous avions beaucoupde partisans, craignirent de s’exposerä la vengeance de l’armee fran^aisc ;ils ne temoignaient pas une grandeconßance dans les succes des Turcs,que d’ailleurs ils voyaient depourvusd’attelages et de cavalerie.

Les fortificatlons que l’armöe tur-que faisait sur la presqu’ile d’Aboukir,portaient ä penser qu’elle voulaitprendre ce point pour centre de sesopörations; eile pouvait de lii sediriger sur Alexandrie ou sur Ro-sette.

Le göneral en chef jugea devoirprendre le point de Birket pour cen-tre de ses mouvemens. II y envoya legündral Murat avec son avant-gardepour y prendre position; le villagede Birket est a la tdte du lac Madicli.

De lä on pouvait fondre sur le flancdroit de l’armee ennemie, si eile sedirigeait sur Rosette, et l’attaquerentre le lac Madieh et le Nil , outomber sur son flanc gauche, si eilemarchait sur Alexandrie .

Pendant que toutes les colonnes sereunissaient ä Rhamanieh, le g6n6-ral en chef se rendit ä Alexandrie ; ilfut satisfait de la bonne Situation oüse trouvait cette place importante,qui renfermait tant de munitions etdes magasins si considörables, et flrendit une justice publique aux talenset ä l’activitö du colonel du genieCretin.

La contenance de l’ennemi faisaitajouter foi aux bruits que ses par-tisans repandaient qu’il attendaitl’armee anglaise; il elait donc im-portant de l’attaquer et de le battreavant son arrivüe. Mais la marchedu general en chef avait et6 si ra-pide , les distances etaient si grandes,qu’il n’y avait encore de rßunis quecinq il six mille hommes. Il fallaitdouze a quinze jours de plus pourpouvoir rassembler toute l’armee,excepte la division Desaix ä laquelleil fallait vingt jours.

Le general en chef resolut de seporter en avant avec ce qu’il avaitde troupes et d’aller reconnaitrel’ennemi : celui-ci n’ayant ni cava-lerie , ni artillerie mobile, ne pouvaitpoint l’engagcr dans une affaire se-rieusc; son projet ötait, si l’enuemiötait nombreux et bien etabli, deprendre une position parallele, ap-puyant la droite au lac Madieh, lagauche ä la mer, et de s’y fortifierpar des rcdoutes. Par ce moyen, fltiendrait rennemi bloqud sur la pres-qu’ile, l’empöcherait d’avoir aucunecommunicalion avec l’ligypte, et se-rait ä mömc d’attaquer l’arm6e tur~