Band 
Tome sixième.
Seite
245
JPEG-Download
 

•245

EG Yl’TE. — BATAILLE U’ABOÜKIR.

que lorsquc in plus grande partie del’avmee franpaise serait arrivee.

Napoleon parlit le 21 d’Alexandric,6t vint camper au Puils, moitie che-mi, ‘ de l’isthme, et y tut rcjoint partoutes les troupes qui etaient ä Wir-ket.

Les Turcs, qui n’avaient point de■Savalerie, ne pouvaient s’eclairer ; ilsEtaient contenus par les grandes gar-des de hussards et de cliasseurs quela garnison d’Alexandric avait pla- jc ® es des les premiers jours du ddbar- >quement. On nourrissait done quel- |que esperance de surprendre l’ar-®ee ennemie. Mais une compagniede sapcurs, cscortant un convoi d’ou-tüs et partie d’Alexandrie fort tard le24, depassa les feux de l’armee fratv-? a >sc et tomba dans ceux de l’armöeturque, ä dix heures du soir. Aussitötque les sapeurs s’cn apercpirent, ils sesauverent pour la plupart, mais dixfurent pris, et par eux, les Turcs ap-prirent que le general en chef etlarmee etaient vis-ä-vis d’eux. Hspassercnt toute la nuit ä faire leursdernieves dispositions, et nous lestrouvämes, le 25, prepares ä nous re-cevoir.

Le gönöral en chef changea alorsses premiers projets, et resolut d’atla-queral’heuremöme, sinon pour s’cm-parer de toute la presqu’üe, du moinspour obliger l’ennemi ä reployer saPremiere ligne derriere la seconde, cequi permettrait aux Franoais d’occu-per la position de cette premiere li-gne et de s’y retrancher. L’armöcturque ainsi resserrde, il devenait fa-cile de l’ecraser de bombes, d’obus etde boulets; nous avions dans Alexan-drie des moyens d’artillerie immenses.

Le general Lannes avec dix-huitce nts hommes, fit ses dispositionsP°ur attaqucr la gauche de rennemi;

Destaing, avec un pareil nombre detroupes se disposa ä attaquer ladroite; Murat avec toute la cavalerieet une batterie legere se partagea entrois corps, la gauche, la droite, et lareserve. Les tirailleurs de Lannes etDestaing s’engagörent bientöt avecles tirailleurs ennemis. Les Turcsmaintinrent le combat avec succes,jusqu’au raoment oü le general Mu-rat, ayant pönetrö dans leur centre,dirigea sa gauche sur les derriöres deleur droite, et sa droite sur les der-rieres de leur gauche, coupant ainsila communication de la premiere ligne.avec la deuxieme. Les troupes turquesperdirent alors contenance, et se por-terent en tumulte sur leur deuxiömeligne. Ce corps etait de neuf ä dixmille hommes. L’infanterie turqueest brave, mais eile ne garde aucunordre, et ses fusils n’ont point debaionnette; eile a d’ailleurs lesentiment profond de son inferio-rite en plaine contre la cavalerie.Cette infanterie, rencontröe au milieude la plaine par notre cavalerie, neput rejoindre la deuxieme ligne, etfut jetee, la droite dans la mer, et lagauche dans le lac Madieh. Les co-lonnes de Lannes et de Destaing, quis’etaient portees sur les hauteurs quevenait de quitter l’ennemi, en des»cendirent au pas de Charge, etles poursuivirent l’öpöe dans lesreins. On vit alors un spectacle uni-que. Ces 10,000 hommes, pour öchap-per ä notre cavalerie et ä notre infan-teric, se pröcipiterent dans l’eau;mitraillös par notre artillerie, ils s’ynoyerent presque tous 1 On dit qu’unevingtaine d’hommes seulement par-vinrent ä sc sauver ä bord des cha-loupes. Un si grand succes, qui nousavait coute si peu, donna 1’esperancede forcer la deuxieme ligne. Le gönö-