270 MEWOlftES DE NAPOLEON.
ütait une, Napoleon , premier raagis-trat, etait 1’homme de la France ; ilötait tout: les auloritüs constituöes, lesönat, le tribunat, le corps legislatif,avaient leur inlluence : tout individuqui n’exerpait pas d’inlluence sur cescorps, n’etait rien. Moreau ne com-mandait pas d’armöes, clles ötaicnttoutes entre les mains d’hommes d’unefaction opposee; Massöna, qui venaitde sauver la France ä Zürich , Brune,qui venait de battre le duc d’Yorck etde sauver la Ilollandc, jouissaientalors d’une plus grande röpulation.Moreau qui ä la taclie de Fructidorjoignit celles des defaites de Cassanoet de la Trebbia , auxquelles on attri—buait la perle de ntalie, ötait peu enfaveur; mais c’est justement parccqu’il etait alors peu accreditö, quc ledanger ne pouvait venir, s’il y cn avaitdu cötö des armecs, que de la part duparti opposö, que le gouvernementconsulaire accorda une grande con-fiance a ce gönöral, et lui promit unearmöe de cent qunrante mille liommesdont le commandement s’elendit de laSuisseau bord du Mein.
II n’y eut aucune discussion sur Icplan de Campagne de 1800 entre Mo-reau et le ministre de la guorre. Na-poleon , en considerant la position deIn France , reconnut que des deux fron-tiercs sur lesquellcson allait se battre,celle d’Allemagne , celle d’ttalie, lapremiüre, etait la frorttiüre predomi-nante; celle d’Italie , ötait la fronlieresecondaire. En eilet, si l’nrmöc de laröpublique eüt ete batlue sur le llliin,et victorieuse cn Italic, l’armöe autri-chiennc eüt pu enlrer cn Alsace, enFranche-Comte ou en Belgiquc, etpoursuivre ses succes saus quc l’ar-möo franpaise, victorieuse cn Italie ,püt opörer aucune diversiou capablcfle Varrüter, puisque, pour s’usseoir
dnns la vallöe du Pö, il lui fallaitprendre Alexandric, Tortone et Man*toue; ce qui exigcait unc Campagneentiöre; toute diversion qu’elle eütvoulu opörer sur la Suisse eüt ete sanseffet. Du dernier col des Alpes on peutentrer en Italie sans obstacle; maisdes plaines d’Italie on eüt trouvö atous les pas des positions, si on eütvoulu penetrer dnns la Suisse . Si l’ar-mee franpaisc ötait victorieuse sur lafronliere prödominante, tandis quecelle sur la fronliere secondaire d’Ita-lie serait batlue, tout ce qu’on pou-vait craindre etait la prisc de Gönes,une invasion en Provence , ou peut-ölrc le siege de »’oulon ; mais un dö-tacliement de l’armöe d’Allemagne qui descendrait de Suisse dansla vallöedu Pö, arrötcrait court l’armee victo-ricuse ennemie cn Italie et en Pro-vence . Il conclut de lä qu’il ne fallaitpas envoyer ä l’armöe d’Ilalie, au-deläde ce qui ötait necessaire pour la por-ter ü quarantc mille liommes, et qu’ilfallait röunir toutes les forces de la rö-publique ä portee de la frontiere pre-dominanle : en eilet cent quarantemille liommes furent röunis depuis laSuisse jusqu’ä Mayencc , et unedeuxiemc armöe, celle de röservc, futröuuic entre la Saöne et le Jura endeuxiemc* ligne. L’intention du pre-mier consnl etait de se rendre au moisde mai cn Alloinagne avec ces deuXarmecs reunies, et de porter d’un traitla guerre sur l’Inn; mais les evöne-mens, arrivös ä Gönes au commence-ment d’avril, le deciderent ä fairecommencer les hostilitös sur le Rhin ,lorsque l’armöe de röserve se röuniS'saitä pcine. Lo succes sur cettc fron-liere n’ötait pas doutcux ; tous les ef-forts de l’Autriche avaient ötö dirigössur l’Ilalie. Le maröchal Kray avaituue armöe trös införieurc en nombtS