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Tome sixième.
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NOTES ET MELANGES.

et surtout en qualile ä l’armde fran-(jaise, puisqu’it avait beaucoup detroupes de l’empire.

Be plan de Campagne que le pre-mier consul dicta au ministre de laguerre , et que celui-ei envoya ä Mo-r eau tut ie suivant: rdunir les quatreCOr PS d’armde , par des mouvemensm asques sur la rive gauclie du Bhin ,en tre Schaffouse et Stein; jeter qua-lt e ponts sur 1c Rhin et passer ä lafois dans 1c rndme jour sur la rivedfoite, de maniere a se mettre en ba-taille la gaucbe au Rbin et la droite311 Banube; acculer le gdndral Krayda «s les ddülds de la I’ordt-Noire, etda es la vallee du Rbin; saisir tous sesma gasins, empdcher ses divisions deSe vallier ; arriver avant lui sur Ulm,couper la retraite sur l'Inn, et neNisser ä ses debris pour tout refugetde la Boheme. Ce mouvement eüt en^Pune jours ddcidd la Campagne; iln ° pouvait y avoir aucune circon-s tance plus favorable ; car il ne ful ja-^aisun mcilleur ridenu qu’une rividrca dssi large que le Rhin , pour masqucrdes mouvemens; le succes etait infail-lible. Moreau ne le eomprenait pas;il voulait que la gauclie ddboucMt parMayence , ce ä quoi le premier consultte voulut pas consentir ; mais les cir-eonstances de la republique ne luia yant pas permis de se rcndre a l’ar-^ee, il dit alors ä son ministre, qu’ilserait impossible d’obliger un generalen clief ä cxecuter un plan qu’il n’cn-tendait pas; - qu’il fallait donc lui lais-ser diriger ses colonnes h sa volonte,Pourvu qu’il n’eüt qu’une seule ligrted’operations et ne manoeuvrilt que surla rive droite du llanube.

Moreau ouvrit la Campagne, sa gau-c he commandde par Saintc-Suzanne,I> ar le pont de Kehl ; Saint-Cyr pnssale Pont de Neu-Rrissacli; la rescrye

passa ä Rille , et Lecourbe cinq joursapres passa ü Stein : ä peine Sainte-Suzanne eut-il passd, que Moreau s’a-percut que ce corps dtait compromis ,il le fit repasser 4 Neu-Brissach. Cetteouverture de Campagne est contraircaux premieres notions de la guerre;il fit manceuvrer son armde dans lecul-de-sac du Rhin , dans le ddfild desMontagnes-Noires, devant une armeequi etait en position. Moreau manceu-vra comme si la Suisse eilt ete occu-pde par l’ennemi, ou eüt dte neutre;il ne sentit pas le parti que l’on pouvaittirer de cette importante possession, endebouchant par le lac de Constance .Le gdndral Kray, ainsi prevenu, rdu-nit ses troupes ä Stockach et ä Engen,avant l’armee frangaise; il n’dprouvaaucun mal: il eüt dte perdu sans res-source, si Moreau eüt pu comprendrequ’il fallait que toute son armee dd-bouchät par oü deboucha Lecourbe.Le detail d’opdrations si mal conduitesfaisait souvent dire au premier consul:« Que wulez-vous, ils nen savent pas» damntage , ils ne connaissent pas les» secrets de l'art, ni les ressources de la» gründe tactique! »

Nous n’avons pas besoin de rdfuterl’assertion que le premier consul vou-lait deboucher des montagnes de laSuisse en Italic, sans prendre l’offen-sive sur le Rhin , ceia est trop absurde.Bien loin de lä , il ne croyait pas quela diversion par le Saint-Gothard fütpossible , si au prealable on n’avaitbattu et rejetd l’armde autrichienne au-dela du Lech , car l’operation de l’ar-mde derdserve eütdtd uneinsignefolie,si au moment oü eile füt arrivde surle Pö, l’armde autrichienne d’Allema-gne eüt pris l’offensive et battu l’ar-mde frangaise. S’il eüt voulu ä touteforce, ct conduit par la passion pren-. dre d’abord 1’ltniie, qui l’eüt empöchü