Band 
Tome sixième.
Seite
280
JPEG-Download
 

MKMOlltES DE NAPOLEON.

I

j

j

280

France: les vivres, les objets d’habil-lement, tont ce qui est necessaire äunc armde se trouvait en abondanceen Egypte . 11 y avait des munitions deguerre pour plusieurs campagnes.D’ailleurs Champy et Conte avaicntdtabli des poudridres: l'armee avaitdes cadres pour qualre-vingt mille hom-mes; eile pouvait faire autant de recruesquelle voulait, spdcialement parmi lesjeuncsgcnsCophles, Grecs, Syriens etNoirs de Darfour et de Sennaar. Lavingt-unieme demi-brigade a recrutdcinq Cents Cophtes , dont plusieurs ontetc fails sous-ofliciers ct ont obteriula legion-d’honneur; il en existe sausdoute encore en France .

Mais quelle etait la puissance quipouvait atlaquer l’Egypte ? La Porteottomane? eile avait perdu ses deuxarrnecs de Syrie et de Rhodes ; lesbatailles des Pyramides, du Mont-Thabor et d’Aboukir avaient decdldtoute la faiblesse des armdes ottoma-nes. Le grand-visir avcc un ramossisde Canaille nsialiquc, n’etait pas unepouvantail, möme pour les habilans.La Russie ? c’etait un fantöme dont onmenagait l’armee. Le czar desiraitque l’armee frangaise se consolidüten lsgypte; eile jouait son jeu, et luiouvrait les portes de Conslantinople.Reslait donc l’Angleterre ? mais ilfallait unc armde d’au moins trente-six mille hommes pour reussir dansune pareillc Operation , et l’Angletcrren’avait pas cette armde disponible. 11otait evident, puisque l’Angleterreetait parvenue ä former une sccondecoalition, qu’elle conquerrait l’Egyploen llalie, en Suisse ou en France .

Mais d’ailleurs l’armee d’Orient pou-vait recevoir des secours de France pendant l’liivcr, rien ne pouvait l’em-p6cber.

La destruction de l’escadre d’Abou-

kir fut un grand malheur sans doute;mais la perte de onze bütimcns, donttrois etaient tres vieux, n’etait pasirreparable. Des le mois d’aoüt 1799.l’amiral Brueys dominait dans la Me-diterrande avec quarante vaisseaux deguerre; s’ileüt voulu jeterquinze millehommes en ligyptc, il en dtait le mai-tre; il ne le fit pas, pnrce que la guer-reallumde sur le continent rendait ne-cessuires loutes les troupes frangaisesen llalie, cn Suisse, ou sur le Rhin .Dans le mois de janvier 1800, immd-diatemcnt apres le 18 brumaire, oneilt pu faire passer autant d’hommesque 1 on eut voulu, en les embarquantsur l’escadre de Brest , sur celle deRochefort; mais les hommes dtaientndcessaires en France pour dissoudrela deuxieme coalition ; cc ne fut qu’a-prds Marengo oü l’dtat de la repu-blique changea, qu’on songea ä en-voyer des renforts considerables äcette armde.

Gantheaume partit avec sept vais-seaux de guerre de Brest , portantcinq mille hommes. Quarante vaisseauxdevaient appareiller au moment oüles premiers coups de canon seraientlires dans la Baltique ; ce qui oblige-rait l’Angleterrc d’y envoyer trentevaisseaux de guerre de renfort. Cesquarante vaisseaux de Brest auraientdonc domind dans la Mdditerrande,pendant une partic de l’etd; ils auraientembarqud ä Tarenlc les troupes nd-cessaires pour l’Egypte .

Dans le mois d’oclobre 1800, desavisos, des fregates, des bätimens decommerce, arrivürent frdquemmenten Egypte , le vin et les marchandisesd’Europe y furent cn grande abofl'dance, et l’armde regut des nouvellesde France tous les mois. 11 n’y avaitaucun moyen d’cmpdcher des frdgat eSet des corvettes parlant de Toulon .

1 fr'