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Tome sixième.
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NOTES ET MELANGES.

d’Ancftne, de Tarente, de Brindisi ,d’arriver ä Damiette ou Alexandrie ,d »ns les mois de novembre, ddcembre,janvier, fevrier et mars: l ’Egyptiemela Jusiice parties de Toulon , arrive-r ent dans le mois de janvier en dixjours; la Regiineree de Rochefort yarr iva en dix-sept jours. Concluons:40 l’armde d’Orient n’avait pas be-soin de secours; 2° eile pouvait res-^ er plusieurs annces saus faire denouvelles recrues; 3° eile pouvait fairedes recrues tant qu’ellc voulait, enc boisissant des chretiens, möme desjeunes musulmans, et cnfin en acho-tant des Noirs de Darfour et de Sen-naar. L’Egypte n'est pas une forteresse,ce n’est pas une ile sterile, e’est un'namense royaume qui a une cftte dec ent vingt lieues. Appliqucräunpaysa nssi riebe, aussi dtendu, les principesqni conviennent ä une ciladelle, c'estctrangement se tromper et se four-v °yer. Les croises furent maitres plusde cent ans de la Syrie . C’dtait uneguerre de religion.

Les instruclions d6taill6es que legeneral en chef üt remettre au gendralK'eber, et la lettre datec d’Aboukirdu 5 fructidor, qui est imprimee, etqü il lui derivait au moment de sondepart, font assez c-onnaitre ses projetsSUr l’Egypte , ses csperances de retourpour compl6ter son expedition, et lasdcuritd parfaite oü il etait, que K16-ber consoliderail sa colonie. Tantque la France aurait la guerre, et quela deuxiemc coalition ne serait pasdissoule, on ne pouvait que resterstationnaire en Egypte , et seulementconserver le pays, et pour ce butKleber ou Desaix etaient plus quesuffisans. Napoleon ob6it au cri de laErancc, qui le rappelait en Europe en partant; il avait repu du Directoirecarte blanche pour toutes ses opdra-

tions, soit pour les affaires de Malte ,soit pour celles de la Sicile , soit pourl’Egypte , soit pour Candie. Il avaitdes pouvoirs en regle pour faire destraites avec la Russie , la Porte, lesrdgences et les princes de l’Inde ; ilpouvait ramener, nommer son succes-seur, revenir quand cela lui convien-drait.

Quand il reput la nouvelle de l’as-sassinat de Kleber, et que le gendralMenou, comrae leplus anciengdndral,avait pris le commandement, il pensaä rappeier Menou et Reynier, et ädonner le commandement au generalLanusse. Le general Menou paraissaitavoir toutes les qualitds nöcessairespour le commandement: tres instruit,bon administrateur, integre. 11 s’etaitfait musulman, ce qui etait assez ridi-cule, mais fort agrdable au pays: onetait en doute sur ses talens militaires;on savait qu’il dtait extrßmementbrave, il s’dtait bien comportd dansla Vendde, et ä l’assaut d’Alexandrie .Le gendral Reynier avait plus d’habi-tude de la guerre ; mais il manquaitde la p r emiere qualitd d’un chef: bonpour occuper le deuxiemc rang, ilparaissait impropre au premier. Il6tait d’un caracterc silencieux, aimantla solititde: ne sachänt pas eleclriscr,dominer, conduire les hommes. Legeneral Lanusse avait le feu sacrö;il s’dtait distingue par des actions d’e-clat aux Pyrdndes, en Italie ; il avaitl’art de communiquer ses sentimens;mais ce qui döcida le premier consul älaisser les choses comme eiles dtaient,c’est la crainte que le decret de no-mination ne fut interceptd par lescroi-sieres ennemies, et qu’ils ne s’en servis-sent comme d’un moyen, pour mettredu trouble dans l’armee, qui paraissaitdejä disposee ä se diviser. Il etait im-possible alors de prevoir ä quel point