282 MEMOlllES DE NAPOLEON.
Mcnou avait d'incapacitd pour la di-reclion des affaires de guerre, puisqu’ilavait dte militaire toute sa vie, qu’ilavait beaucoup lu, qu’il avait fuit plu-sieurs cauipagncs, qu’il connaissaitparfaitement le thdätre oü il se trou-vait.
Napoleon n’avait en Egypte aucunparti, iletait chef de l’armde; Berliner,Desaix, Kldber, Menou, Reynier,dtaicnt dgalcment ses subordonnds;et en supposant qu’il y eüt eu despartis, cominent l’homme qui, danstoute son administration, a loujoursfait taire tout esprit de parti, qui, pourpremier acte de son autoritc'i, a rap-porte la loi du dix-neuf fruclidor, arempli le ministdre, le conseil-d’dtat,et toutes les grandes places de l’admi-nistration par des fructidorisds, telsque Portalis , Bendzech, Carnot, auministere; Dumas, Laumorid, Fidvd,au conseil d’dtat; Barthelemy, Fon-tanes, Pastoret, etc., ausdnat, aurait-ilpu se determiner par des vues petitesct dtroites? Si cela est absurde, pour-quoi donc en tacher un ouvrage esti-mable?
Gantheaume est parti de Brest , le25janvier; il a passd le detroit le Gfevrier : s’il avait continud sa rou-te , il aurait 6t6 le 20 fevrier aAlexaudrie, et il n’y aurait trouvdpersonne que la croisiere ordinairecomposde de deux volles; il eüt de-barqud cinq mille soldats qu’il porlait,et un miilier d’hommes, formantl’equipage des trois fregates ou cor-veltes, qu’il eüt laisses Ü Alexaudrie.En soixantc-douze licures il eüt de-barqud tous les objets dont il dlaitchargd, et serait retournd ä Toulon :il n’y avait aucune escadre dans laMcdilerrande que cclle de l’amiralReith, ile neuf vaisseaux de guerre, qui6 La i t <lans la baie de. Macri, embarrassde
d’un convoi de cent qualre-vingts Voi-les : le contre-amiral Waren etait äGibraltar, avec quelques vaisseaux de-greds; ce ne tut que long-temps apresqu’il put prendre la mer. L’amiral Cal-der avec sept vaisseaux s’dtait mis ä lapoursuite de l’amiral Gantheaume, etötait alld le cherclier en Amdrique.tanton avait mis d’adresse a donner le chan-ge aux espions anglais . Effectivementdesagensde l’administration de la Gua-deloupe et de Saint-Domingue et grandnombre d’habitans, hommes et fem-mes, s’embarquerent a Brest , comp-tant aller en Amdrique. La fregate laItegeneree est partie de Rochefort, eilea passe le ddtroit le 19 fevrier, et eileest arrivde ü Alexaudrie le 1 ermars; ce qui est une preuve materielleque l’amiral Gantheaume, qui avaitpasse le detroit le 6 fevrier, y seraitarrive avant cette epoque: et ce n’estque le l ,p mars, que l’amiral Keithmouilla ä Aboukir et ddbarqua l’ar-mded’Abercrombie. Le gdndralFriant,qui commandait a Alexandrie , au-rait donc eu huit mille hommes pours’opposer au ddbarquement. Les An-glais eussent dchoud, et l’Egypte dtaitsauvee; l’armde et les lloltes anglaisesdtaicnt divisdes par la guerre que laFrance et l’Espagne faisaient au Por-tugal , et par la quadruple alliance quiexigeait une flotte dans la Baltique .Depuis que l’on avait rdussi ü donnerle change ä l’amiral Calder, il n’y avaitplus rien ä craindre dans la Mdditer-ranec.
L’amiral fran^ais, ayant donc man-qud de resolution , apres aYoir prisune frdgate et unecorvette anglaises,mouilla vers la mi-fevrier dans le portde Toulon : le premier consul fut tresmdcontent; il le fit repartir, mais ilne put appareiller que le dix-neufmars. Il se rencontra sur le» cötes de