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Tome sixième.
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342 MEMOIRES DE NAPOLEON ,

matiere. Les provinces illyricnnes,depuis long-temps accoulumees au re-crutement autrichicn, ne cessaienld’admirer les lois de la conscriptionfran^aise ; et, depuis qu’ils sont ren-trds sous le sceptre de leur anciensouverain, ils ont obtenu qu’elles con-tinuassent ä les regir.

Pendant les dix premieres anneesde la revolution, les armees ont dterecrutees par la requisition, qui cofn-prenait tous les citoyens de rüge dedix-huit ä vingt-cinq ans. II n’y avaitni tirage, ni remplacement: les lois dela conscription ne ddsignaicnt pour lerecrutement de l’armde que les jeunesgensqui entraientdans leur vingtiemeannde : ils n’etaient obliges ä servirque cinq ans; ce qui avait l’avantagede former un plus grand nombre desoldats, qui, dans des momens decrise, se trouvent üt portee de defen-dre le pays: mais cela avait bien desinconveniens. II serait ä propos d’6-lendre la durce du servicc ä dix ans,c’est-ä-dirc jusqu’a l’äge de trente ans,sauf ä donner des congds, et ä ren-voyer cliez eux, avec l’obligation derejoindre leurs regimens, en temps deguerre, tous ceux qui, flgds de plus devingt-cinq ans, auraient servi cinq an-ndes revolucs. G’est de trente ä cin-quante ans que l’hommc est dans toutesa force, c’est donc l’Age le plus favo-rable pour la guerre. 11 faul encoura-ger par tous les moyens les soldats ärester aux drapcaux; ce que l’on ob-tiendra, cn faisant une grande eslimcdes vieux soldats, en les distinguanten trois classes, donnanl par cxemple,cinq sous par jour ä la troisieme, septsous six deniers ä la deuxidme, dixsous ä la prcmidre, quinze sous auxcaporaux, trente sous aux sergcns.lly a unc grande injustice ä ne pasmicux pnyer un vdtdran qu'une rc-crue.

Un million d’ämes fournit tous lesans septahuit mille conscrits, ä peupres un cent trente-cinquieme de lapopulation : la nioitid est neccssairepour satisfaire aux bqsoins de l’adrai-nistration, de l’dglise et des arts. Unelevde de trois mille cinq cents hom-mes par an, en dix ans, donneraittrente mille, en tenant compte desmorts; quinze mille liommes forme-raient l’armde de ligne, quinze millel’armde de rdserve. Sur les quinzemille hommes de l’armde de ligne, onen tiendrait six mille sous les armespendant douze mois, quatre mille pen-dant trois mois, et cinq mille pendantquinze jours ; cela öquivaudra ä septmille hommes pour toute l’armde, quiseront souslraits ä l’agricuiture. Lesquinze mille liommes de l’armde dereserve neseraient cn rien distraits deleurs travaux, ni eloignes de leursfoyers.

Napoleon devait, ä la paix, compo-serson armdede douze cent mille horn-mes, dontsix centmillede l’armde de li-gne, deux cent mille de l’armee de Tin-terieur, quatre cent mille de l’armee dereserve. Les six cent mille liommes del’armde de ligne eussent forme: 1° qua-rantc regimens d’infantcrie de douzebataillons, chacun de ncuf cent dixliommes, ayant un escadron d’eclai-reurs, de trois cent soixante chevaUXde quatre picds six pouces; unc batte-rie de huit canons, servie par deuxcentquatre-vingts hommes;une com-pagnie de sapeurs, de cent cinquantehommes ; un bataillon d’dquipagesmilitaircs, de trois compagnies, devingt-deux voiturcs, et deux ccnt dixhommes : total douze mille ; 2' vinglregimens de cavalerie, de trois raill csix cents liommes, savoir: huit de ca-valerie legere, six de dragons, six decuirassiers; cliaque ri'igiment de dix