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NOTES ET MELANGES.
fraccr un camp, ou de ranger une ar-n ^e eu bataille, ne faisait qu’une op6-ra " 0n mecanique; il n’avait besoin nic °up-d’oeil, ni de genie, ni d’ex-Pärience. Chcz les modernes, au con-lra ‘ re , l’art d’occuper une positio»,P°ür y camper ou pour s’y battre, ests °umis a tant de considerations, qu’il*- x ‘ge de l’exp6rience, du coup-d’ce'd ,genie. C’est l’affaire du generalen chef lui- m 6me , paree qu’il y aP^usieurs manieres d’avoir un camp,°U de prendre un ordre de bataille,^ an s une m6me position.
Setnpronius fut battu a la Trebbia ,e t Varron ä Cannes , quoiqu’ils com-ma ndassent ä 'des armees plus nom-br euses que celle de l’ennemi; parceflue, conformementä l’usage etabli par-011 'es Romains, ils rangerent leur ar-^ee en bataille, sur trois lignes, tandisAnuibal raugea la sienne en unes eule ligne. Lacavalerie carthaginoisee 'ait superieure en nombre et en qua-"'e. Les armdes romaines furent ä la^°is attaquees de front, prises en flaueet ä dos; elles furent defaites. Si lesdeux consuls romains eussent prisl ordre de bataille le plus convenableaux circonstances, ils n’eussent poiutete debordßs: ils eussent peut-6treete vainqueurs!
Une armee doit-elle occuper unseuleamp, ou doit-elle en occuper autantflu’eile a de corps ou de divisions? Afluelledistancedoivent camper l’avant-garde et les flanqueurs? Quel frout etquelle profondeur doit avoir le camp?Ou doit-on placer la cavalerie , l’artil-'erie, et les chariots? L’armee doit-ellese ranger en bataille, sur plusieurslignes, et quelle distance doivent-ellesheitre entre elles? La cavalerie doit-e "e6treenreservederrierel Infanterie,°u placee sur les alles ? Doit-on mettieaction, des le commencement de
la bataille, toute son artillerie, puisquechaque piece a de quoi nourrir son feupendant vingt-quatre heures , ou doit-on en tenir la moitie en reserve? Lasolution de toutes ces questions ddpenddes circonstances : 1° du nombre detroupes, decelui del’infanterie, del’ar-tillerie et de la cavalerie qui compo-sent l’armöe ; 2° du rapport qui existeentre les deux armees; 3° de leur mo-ral; 4° du but qu’on se propose ;5° de la naturedu ehamp de bataille;6° de la position qu’occupel’armee en-nemie, et du caractere du chef qui lacommande. On ne peut et on ne doitprescrire rien d’absolu. — II n’y apoint d’ordre nalurel de bataille, chezles modernes.
La täche qu’a ä remplir le comman-dant d’une armee , est plus difficiledans les arm6es modernes, qu’ellene l’etait dans les armees anciennes:il est vrai aussi que son inlluence estplus eflicace sur le rdsultatdesbatailles.Dans les armees anciennes, le generalen chef, äquatre-vingts ou Cent toisesdel’ennemi, ne courait aucun danger,et cependant il etait convenablementplace pour bien diriger tous les mou-vemens de son armee. Dans les armeesmodernes, un gönöral en chef, placeä quatre oucinq Cents toises, setrouvel au milieu du feu des batteries enne-mies, il est fort exposö : et cependantil est ddja tellement 61oigne , queplusieurs mouvemens de l’ennemi lui£chappent. Il n’est pas d’aetions oü ilne soit oblige de s’approcher ä la por-tee des petites armes. Les armes mo-dernes ont d’autant plus d’elfel qu’ellessont convenablement placdes ; unebatterie de canon qui prolonge , do-mine, bat rennend en dcharpe, peutdecider d’une victoire. Les champs debataille modernes sont plus etendus,ce qui oblige ä etudicr un plus grand